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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 18:56

MEDIATISME

 

Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est à dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible (...)

Patrick Le Lay

 

« Lorsque la vérité est remplacée par le silence, le silence devient un mensonge ». 

 Yevtushenko
 
 

"Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images."

Guy Debord

 

Les mediat seront affublés d'un "t" en hommage à la Vieille Taupe.   

Le médiatisme est un des nombreux masques du démocratisme.

Le démocratisme proclame haut et fort qu’il ne peut se passer d’une presse libre, alors qu’il fait tout pour la contrôler, que ce soit par la concentration des pouvoirs, la formation et le cadrage des journalistes, l’inféodation à la publicité et à l’argent roi.

La croyance en une liberté de la presse a été pulvérisée par l’arrivée d’internet, qui remet les pendules à l’heure en permettant à tout un chacun de s’exprimer à la face du monde. L’illusion d’une presse libre est passée à la moulinette de la révolution informatique.

C’est la grande peur des mediat professionnels.

 Les journalistes expriment leur défiance envers toute information qu’ils ne contrôlent pas, et se lamentent de la fin du monopole de leur expression. Ils dénigrent les informations divulguées sur la toile, mais sont à la remorque des différents sites et blogs qu’ils qualifient de conspirationistes, de propagandistes, ou tout simplement d’amateurisme.

Cependant le démocratisme spectaculaire hésite et tergiverse sur les moyens à mettre en oeuvre pour s'assurer de l'innocuité de ce bien vilain canard. Censure frontale ou suffocation par immersion dans un océan de mensonges ? Il semble que la solution soit momentanément un vulgaire mixte des deux.

La critique des mediat a été faite depuis longtemps, et est toujours en construction, mais son développement a atteint un pic sans précédent, dans les faits, grâce à l’internet. Les différentes tentatives de censure sont pour l'instant heureusement vouées à l’échec, et aucun retour en arrière ne sera  accepté par les internautes, les possibilités techniques d'échapper à cette censure étant toujours renouvelées.

Les mediat ont franchi un saut qualificatif, les individus s'offrant eux mêmes avec enthousiasme en pâture aux manipulateurs de tout poil. Les facebook, google, amazon et autres collectionnent les données sur la population, et l'on peut prévoir sans être grand clerc que la convergence entre leurs renseignements et les instituts de sondage (par exemple), les services secrets (par ailleurs) et toutes les polices leur permet et permettra de placer les rigth men at the right places. Les stratégies de propagande de guerre, telles que les fausses images de la Place Verte (http://www.voltairenet.org/article171460.html) visant à convaincre la population que Tripoli est déjà tombée aux mains des « rebelles », et sabrant ainsi toute velléité de résistance, sont et vont être appliquées aux démocraties (en temps de paix ou non). Brouillage des ondes, écrans de fumée, le cocktail des fausses informations est d'autant plus digeste qu'il est coproduit par les « consommacteurs » eux mêmes.

 

Nous assistons en parallèle à la généralisation de la propagande ingérée. En étant le vecteur de la diffusion du spectaculaire intégré, l'internaute abandonne toute distance critique face à l'inversion du réel. Il s'abandonne aux joies de l'auto-contemplation, s'invente une dissidence d'autant plus factice qu'elle restera virtuelle. 

La multiplication des "youtubeurs" sur les sujets les plus dérisoires est le symptôme de notre société malade du médiatisme. Le futile prime sur l'essentiel, le futile est l'essentiel. Le divertissement submerge le vital, seul le divertissement est vital. Même le rire, jusqu'à présent défense subversive face au réel spectaculaire marchand, a été confisqué par les amuseurs professionnels grassement payés pour nous retirer cette arme ultime.

La veulerie des journaleux est sans limite. Ainsi un pays peut-il porter la guerre à l’étranger sans troubler le moins du monde l’ordonnance des grands titres des mediat. Nous n’entendrons parler des bombardements, pudiquement appelés "frappes", et de leurs effets sur les populations que par intermittence, entre un bulletin météo et un compte rendu du dernier match de foot à la con. La barbarie la plus lâche, la lâcheté la plus barbare ne feront l’objet que d’un « flash » ou d’un entrefilet, et seront justifiées par des notions telles que le droit d’ingérence, le droit humanitaire, le secours aux populations en danger etc. Le sang des victimes éclabousse les journaux, éternels soutiens d’un pouvoir sûr de lui et triomphant dans une débauche de mensonges et d’hypocrisie.

Les mediats dénoncent régulièrement ce qu’ils appellent « la pensée unique », alors qu’ils en sont le principal vecteur, et souvent le plus enthousiaste producteur. Cette dénonciation se devra d’être inversement proportionnelle à la servilité du médiat, c'est-à-dire exprimée avec d’autant plus de force que  les liens avec le pouvoir (économique, politique, culturel…) sont étroits et cachés.

Cette servilité se manifeste par un unanimisme sidérant, par la production de sondages truqués, etc. La fonction des sondages n'est pas de refléter une opinion publique à un moment donné, mais de la formater sur le long terme. Quand les sondages se trompent sur les résultats de telle ou telle élection, c'est qu'ils ont failli à leur tache de fabrication de l'opinion. Ils ne se sont pas trompés, ils se sont plantés.

Alors qu’il est difficile de trouver une profession plus moutonnière, où l’auto-analyse est inexistante,  l’autocritique bannie, les mediat se roulent dans la fange de la propagande dans la plus outrageuse autosatisfaction. Dans les derniers conflits en cours, certains médiats ne se sont pas contentés de refléter la position des démocraties triomphantes, mais ont collaboré effectivement avec les services secrets des puissances agressantes (https://www.youtube.com/watch?v=7cwQ0fObxng),  par l’indication des positions de l’ennemi, ou pire par la pose de balises dirigeant les missiles sur  les cibles choisies  (Libye, Syrie, http://www.voltairenet.org/article171817.html Le rôle des mediat dans le démocratisme est essentiel. Sa mission est de susciter l’adhésion des foules pour les actes les plus odieux, les politiques les plus criminelles, avec une présentation schizophrénique de l’histoire, récente et ancienne.  ( http://mai68.org/spip/spip.php?article8359 )Dans ce but, ses armes sont simples :

Le mensonge répété par tous et à l’infini

Le mensonge par omission, occultation des faits les plus significatifs

La mise en exergue d’événements les plus futiles, n’ayant aucune relation avec les politiques mises en œuvre.

L'organisation de l'oubli par une avalanche d'informations mineures.

La décontextualisation des faits.

Si la supercherie est dévoilée, il suffira aux journaleux d’accuser les politiques de les avoir dupé par des mensonges pour récupérer leur honneur perdu, ce qui est d’autant plus facile que les politiciens en question ne sont plus aux commandes, rangés des voitures, ou trop vieux et trop séniles pour être jugés.  Est-il nécessaire de rappeler que le B.A.BA  du journalisme est la vérification des sources, et leur confrontation  avec la réalité des faits… Le processus se répétant systématiquement, force est de convenir qu’il ne s’agit pas d’erreurs, mais d’un système organisé, voulu, et méthodiquement appliqué .

Une des fonctions principales des mediat est de nous convaincre de notre impuissance. Le tourbillon des informations futiles, agglutinées aux catastrophes naturelles, elles mêmes se superposant aux politiques guerrières et conflits armés laissent le lecteur-auditeur-téléspectateur dans un état de sidération. Tout sortir de son contexte, affirmer le manichéisme le plus bêtifiant, inventer de toutes pièces des versions mensongères des faits sont le pain quotidien des mediat.

L'apparition des chaines "d'infos continues" est la dernière machine d'abrutissement du pouvoir. N'ayant rien à dire, elles le répètent à l'infini, pulvérisant les efforts de propagande des pires dictatures. L'effet recherché étant la sidération, l'instantanéité répétée du vide paralyse l'esprit, le prépare à ingurgiter la dernière pub, le prochain mediat-mensonge.

Les publicistes sont les derniers propagandistes du démocratisme. Les journalistes apprennent d'eux, copient leur méthodes de vente. Ils ont besoin d'eux, leurs fonctions dans le monde spectaculaire marchand se distingue à peine au point de les confondre. Leur propagande s'affiche partout, tout le temps. Elle n'est jamais remise en cause, elle est le sang du grand corps marchand. Que ce soit pour vendre des savonnettes ou une "nouvelle politique", elle est indispensable pour faire tourner la boutique. 

L’endormissement de l’opinion publique, suivi du déminage des informations par un processus de lente divulgation savamment gradué dans le seul but de « vacciner » la population, permettent par la suite à la vérité des faits, impossible à cacher plus longtemps, d’éclater sans dommage pour l’oligarchie au pouvoir. Cette vérité exposée aux yeux de tous, permettra aux médiats de s’extasier sur la qualité de leur travail, sur la bonne marche de la démocratie, qui ressortira une fois de plus victorieuse de ce fatras de semi vérités triomphalement étalée.

Un bon exemple sont  les attentats du 11/9 :

- une première version est servie aux médiats comme une évidence, qui l’acceptent et la soutiennent sans broncher.

-cette version est remise en cause par quelques esprits lucides.

-les médiats hurlent à l’imposture, au révisionnisme, au délire complotiste.

-l'omerta se met en place d'elle même, sans aucune directive ni censure officielle, chaque journaliste ayant bien compris que s'il voulait garder sa place, il n'était pas question de sortir des ornières.

-si un détail gênant émergeait, affirmer qu’il est connu depuis longtemps, qu’il n’entame en rien la cohésion de l’ensemble.

-devant les contradictions manifestes de la version officielle, on lâche sur quelques détails, tout en occultant l’essentiel et en injuriant les quelques malheureux anticonformistes.

-par la suite, il suffit de laisser quelques informations se répandre, en les traitant par un silence indifférent et méprisant. La pression de la cocotte minute baisse, la valeur subversive de l’information est réduite à néant, il est déjà trop tard et le terrain est déminé, le flot des nouveaux mediat-mensonges ayant depuis longtemps pris le pas sur les demi-vérités avariées qui fuitent inévitablement.

-affirmer qu’il est impossible de démêler le vrai du faux, organiser le sentiment d’impuissance et se réjouir de la dernière victoire du PSG.

Le mediatisme se nourrit de sa  propre chair. Le renvoi d'ascenseur, l'autopromotion, l'esprit de cour, le fayotage en tout genre sont la règle. La connivence mainte fois dénoncée avec le pouvoir économique et politique ne perturbe en rien la logique de l'information biaisée. Le journaliste dépend de son rédac-chef, qui ne doit pas déplaire à son patron de presse qui doit satisfaire ses actionnaires. Prière de bien mixer avec quelques intérêts publicitaires bien placés, quelques lobbies ayant droit de vie et de mort sur la presse, et voilà  nos faiseurs d'opinion armés pour nous servir notre soupe quotidienne. La chaîne des intérêts est bien en place, verrouillée à double tour, (http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/ppa#&gid=1&pid=1), nul besoin de comploteur en chef, d'organisateur suprême pour le bon fonctionnement de la machine. On veillera seulement à couper une tête de temps en temps de manière à ce que chacun comprenne bien où est sa place.

 

Les mediat fanfaronnent, jouent à dénoncer le capitalisme, se piquent de subversion et se félicitent de leur intrépide témérité. Mais la dénonciation n’atteint jamais le coeur du coeur, n’explique le monde que par de méchants exploiteurs qui abusent de gentils ouvriers. Ils ne peuvent comprendre le monde marchand que sous l’angle de la moralité, sans jamais saisir les mécanismes profonds qui sous-tendent la logique impérieuse du profit et de l'extension à l'infini du domaine marchand.
Le feraient-ils que leur discours serait taché d’insignifiance, d’impuissance. Seul le mouvement autonome de l’abolition du spectacle marchand nous réconciliera avec notre humanité, balayant l’Histoire pour nous confronter au réel. Ce qui signifie que tout discours, en dernière analyse, se révèle comme futile, inopérant, tant qu’il n’est pas rejoint par la réalité en marche, dans la mesure où cette réalité en marche abolira la pertinence des analyses et les dénoncera en tant qu’activité séparée, et donc séparante, de notre toute nouvelle unité humaine.

 

A suivre.    

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 12:58

  

MONETARISME

 

"Donnez-moi le contrôle de la monnaie d'une nation, et je n'aurais pas à me soucier de ceux qui font ses lois"

Mayer Amsschel Rothschild

 

"Interdisez le prêt à intérêt, et je me fous de savoir qui contrôle la monnaie d'une nation, il est désarmé." 

 

Quand le pillage devient un moyen d'existence pour un groupe d'hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui même tout un système politique qui autorise le pillage, et un code moral qui le glorifie."

Frédéric Bastiat

 

"Il n'existe pas de commerce plus profitable que celui de l'argent"

 

Le but de toute personne désirant recouvrer son humanité devrait être d'abolir le salariat et de détruire l"argent. En attendant ces jours heureux, je livre ces quelques réflexions sur la mauvaise (ou bonne, c'est selon) gestion  spectaculaire du monde marchand :

En cédant son droit régalien à battre monnaie en faveur d'une banque centrale entièrement indépendante, et par conséquent en réduisant son peuple en esclavage, l'état et ses représentants se sont livrés à un acte de haute trahison (voir l'excellent documentaire de Gabriel Rabhi   http://www.inter-agir.fr/) . Détruire le lien entre la banque centrale et l'état nation est une nécessité de la construction europénne (voire l'article EMPIRISME/IMPERIALISE  http://democratisme.over-blog.com/article-empirisme-124014603.html)

 

Si, dans des temps anciens, l’argent était une denrée rare, car adossé à l’or ou autre matière précieuse, il n’est aujourd'hui assujetti à aucune matière première et est purement virtuel.

Ceci bouleverse les paradigmes, et  nous devons dorénavant penser la société et son mode de fonctionnement comme possiblement une société d'abondance, où les signes monétaires ne doivent en aucun cas manquer, et analyser la situation actuelle, où 35000 personnes meurent de faim  et de mauvaises conditions d’hygiène par jour sur cette foutue planète, comme la volonté politique d’une oligarchie sans scrupules. La pénurie monétaire est organisée, planifiée, décidée. Elle permet le transfert des richesses vers ceux qui détiennent le pouvoir de création monétaire, c'est à dire les banques et les grandes institutions financières.

Cette oligarchie financière, et ses complices politiques devraient depuis belle lurette être traînés devant les tribunaux pour crimes contre l'humanité.

Ce qui semblait évident et que nous acceptions avec fatalisme, cette situation de pénurie et son cortège de drames et d’injustices, apparaît désormais comme un leurre d’autant plus insupportable que l’information circule et que son éradication semble à portée de main.

Ce qui signifie concrètement que nous devrions pouvoir en disposer à volonté (de la monnaie), ou du moins en créer proportionnellement aux richesses produites de manière à pouvoir faire circuler ces fameuses richesses et garantir à chacun bien être et sécurité matérielle.

Pour cela, il eut fallut que ceux qui détiennent le pouvoir de battre monnaie (c'est-à-dire de créer de l’argent par un simple jeu d’écriture comptable, pour faire simple, les banquiers) se soucie du bien être de l’humanité, et non de l’accumulation de capitaux pour leur propre compte.

En détenant ce privilège de création monétaire ex-nihilo, non seulement le système bancaire s'enrichit sans jamais être producteur d'une quelconque richesse, mais encore, en accordant les prêts sur le seul critère de la rentabilité, il accapare de fait  l'exorbitant pouvoir de vie et de mort  sur les projets de tout  un chacun, influençant insidieusement la marche du monde.

Ne vivant pas au pays des bisounours, il est bien évident qu’il va nous falloir nous réapproprier ce pouvoir, et que cela ne se fera pas sans certaines tensions. Il nous faut juste intégrer que la monnaie peut se créer à volonté  et nécessité dès lors qu'elle n'est plus adossée à une matière précieuse qui est toujours susceptible de manquer, et qui par ailleurs est monopolisée par l'oligarchie financière. Le pouvoir de création monétaire doit revenir au peuple, et non à ses représentants plus ou moins professionnels, car il est le flux vital de toute société organisée.

Il nous faudra accompagner cette réappropriation par l’interdiction du prêt à intérêt, qui pouvait être justifié du temps ou les banquiers prêtaient effectivement une partie des sommes qu’ils possédaient (bien que dans les faits, l’argent ainsi prêté ne leur appartenait pas, mais était celui de leurs clients dans un premier temps pour être finalement créé ex-nihilo). Ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui.

La suppression du prêt à intérêt devraient automatiquement entraîner une baisse générale du prix des biens de consommation d’en moyenne 30%, le prix de vente de toute marchandise incluant les intérêts des emprunts contractés par les entreprises qui l'ont fabriquée.

L’intérêt exigé par les banquiers ne correspond plus ni à un risque, ni à un bien dont se priverait le prêteur.

L’intérêt exigé par les banquiers, par un paradoxe qui nous fait perdre la tête, n’est pas créé par ces fameux jeux d’écriture, et l’emprunteur se voit dans l’obligation de le trouver dans la masse de monnaie en circulation, masse en nécessaire perpétuelle croissance, mais toujours insuffisante face aux exigences bancaires. Ce qui  occasionne une concurrence effrénée entre les emprunteurs pour trouver cet argent qui n’existe pas et qui ne peut se puiser que dans de nouveaux emprunts, qui eux-mêmes engendreront de nouveaux intérêts qui eux-mêmes…

Ce système de l’argent dette nous pousse dans une économie en perpétuelle croissance, ponctué de crises récurrentes, c'est-à-dire à un suicide collectif dans un monde fini.

L'argent dette ainsi accumulé par les banquiers se concentre dans des bulles financières qui finissent obligatoirement par exploser, les arbres ne montant au ciel que dans les livres pour enfants. Chaque explosion engendre une crise de liquidités, aux conséquences dramatiques sur l'économie réelle.

L'arme de la dette, associée à la menace du chomage, mène directement l'humanité au pire des esclavages.

 

 

 

 

Petit raccourci du piège économique ;

1913 : Après plus d'un siècle de lutte d'influence, d'assassinats et complots contre la paix (guere de sécession), les banquiers internationaux imposent la création de la FED, banque centrale américaine, sur le modèle de la banque allemande. Enorme subterfuge qui permet aux banques de s’approprier le privilège exorbitant de la création monétaire. A partir de cette date, l’état US devra emprunter avec intérêt aux banques privées l’argent dont il a besoin.

1914 : création de l’impôt sur le revenu. Il faut bien que les états se financent pour  payer les intérêts que les banques réclament, suite aux prêts qu’elles accordent aux états, et parallèlement financer la guerre de 14/18

1929 : première grande réussite de la banque internationale, la grande dépression redistribue les cartes.

1939/1945 : guerre de 1940, les USA exportent à tout va, l’or afflue dans les coffres.

1945 : Création du plan Marshall, accords de Brettons Wood, La suprématie du dieu dollar se met en place, reconnu comme unique monnaie internationale, le dollar seul garde la convertibilité en or. Les apparences sont sauves.

1971 : Fin de la convertibilité du dollar en or. Désormais, la FED peut imprimer autant de dollar qu’elle veut, sans plus de limite. Les USA peuvent tout acheter.

1973 : Loi Pompidou/Rotshild. L'état français ne peut plus emprunter à sa banque centrale (c'est à dire à lui même) et doit donc se financer sur les marchés financiers, et par conséquent payer des intérêts, puis des intérêts sur les intérêts etc.

1995 : création de l’OMC, suppression des dernières protections économiques, instauration du libre échange et fin des protections douanières (en effet, il ne suffit pas de tout pouvoir acheter, encore faut-il que tout soit à vendre). Les capitaux se déplacent désormais sans aucune contrainte. Le libéralisme triomphe, les états s’endettent dans une spirale infernale et sont à genoux devant les marchés (après la mise sous tutelle des états "sous développés", puis en "voie de développement", et enfin "émergents" par le FMI et la banque mondiale, ce sont les populations occidentales,par le biais de l'endettement des états, qui tombent sous la dictature de la dette).

 2002 : arrivée de l'euro sous sa forme fiduciaire, l'état renonce définitivement à tout contrôle de sa politique monétaire 

2016 : à venir, le grand marché transatlantique, qui instaurera la suprématie légale des  trusts internationaux sur le droit des états nations. A terme, suppression de la monnaie fiduciaire, afin d'assurer un meilleur contôle des populations.

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 18:14

 Le sexisme est l’idéologie la plus pernicieuse, la plus difficile à débusquer qui soit. Elle a tellement imprégné nos mentalités, elle s’insinue dans tous les plis et replis de notre cerveau, de notre  perception du monde, elle fait tellement partie de notre personnalité qu’il est  impossible d’en déjouer seul les pièges, ni même d’en percevoir les méandres sans l’appui de l’autre sexe. C’est pourtant l’idéologie mère de tous nos malheurs, celle qu’il nous faudra abattre impérativement si nous ne voulons pas tomber dans les pièges qui jalonnent le chemin.

Le langage, évidemment symptomatique, est le premier obstacle qui cogne à la porte.

 L’affirmation qu’une femme meurt tous les trois jours (dans notre beau pays de France) sous les coups d’un homme ne surprend personne, tout le monde s’en fout. Si j'affirme que deux enfants meurent par jour sous les coups de ses parents, tous nos beaux esprits, représentant l’intelligentsia triomphante s’en battent le coquillard. On en parle une fois par an, pour bien aseptiser le problème,  et c’est tout. Il s’agit pourtant d’un véritable phénomène de société, terriblement révélateur de notre manière d’envisager la relation homme-femme, adulte-enfant qui est  la base de l’humanité en devenir.

Et ce n’est pas rien.

Si on approfondissait l’analyse, si on additionnait les chiffres des incestes, des viols, des actes de pédophilie à ceux de ces meurtres et différents actes de violence, la réalité de notre triste sexualité nous sauterait au visage. Les remises en questions de cette malheureuse virilité seraient telles que nous ne pourrions plus envisager le monde sur les bases d’un tel massacre. Quant au silence autour de ce massacre, lui aussi est révélateur.

La remise en question personnelle est si complexe, si étendue, que l’un(e) n’ira pas (ne pourra pas aller) sans l’autre.

Il ne s’agit pas là du bête machisme mille fois dénoncé, ni de la prétention de la femme à être l’égale de l’homme dans tous les domaines, revendication bien naïve et faussement  radicale. Comment la femme pourrait-elle atteindre ce but dans un monde créé par l’homme et pour l’homme, sinon en niant sa spécificité. Ces femmes alibis, ayant par avance renoncé à leur véritable identité, quel résultat peuvent-elles espérer, sinon le piètre spectacle que nous offre les femmes travelos qui parsèment les conseils d’administrations, les centres de décisions qu’ils soient politiques, économiques ou autres. Et ce but est-il réellement enviable, lorsque l’on observe la catastrophe qui nous submerge ? 

Il s’agit de l’épanouissement de l’homme et de la femme dans une complémentarité assumée.

C’est dans le lit qu’il faut fouiller, c’est dans le comportement sexuel qu’il faut enquêter, pour enfin comprendre cette soif de puissance jamais assouvie de l’homme. Cette peur de ne pas être à la hauteur, comme s’il y avait une hauteur, qui mène l’homme à combattre des moulins à vent. Cette soif de pouvoir, qui se transforme en soif de mort, dans la crainte éternelle de ne pas bander, d’être trop court, trop flasque, et finalement ridiculement peu viril.

C’est précisément la remise en question des hommes, parce qu’ils sont dominants, qu’il faut mettre en exergue. Impossible de mettre l’oppresseur et l’oppressée dans le même sac, même si l’oppressée est, en dernière analyse, complice de son oppression.

Car enfin, ce sont les hommes qui mènent le monde (à sa perte), ce sont les hommes qui font la guerre (militaire ou économique), ce sont eux qui tuent, violent et torturent sans relâche depuis des siècles. Cela ne mériterait-il pas une petite remise en question ?

Qu’est-ce que les hommes ont à apprendre des femmes ? Rien de bien extraordinaire, mais tout d’essentiel. Si l’énergie, la puissance des hommes communiaient avec l’intelligence, l’ouverture, la volonté des femmes, l’avenir serait à portée de main. Si l’homme est dans le perpétuel déni de la part féminine de son humanité, aucun dialogue véritable ne sera possible.

 

C’est avec condescendance, nuancée d’une pincée d’admiration, que la société accepte les écarts sexuels de notre soi-disant élite, que ce soit la consommation de prostituées (Strauss-Kahn), les pratiques pédophiles  (Frédérique Mitterrand, Jack Lang), pour ne parler que des derniers scandales qui ont émergé. La mafia tient les réseaux pédophiles, les utilise pour corrompre et faire chanter les  politiques, dans un vaste système d’influence et de pouvoir. La loi du silence, la corruption, l'intimidation et la connivence font le reste.

Si un homme, quelle que soit sa fonction, considère son désir du corps de la femme comme une priorité sur la relation qu’ils pourraient instaurer,  alors tout est faussé, tout est perdu. Comment peut-il, s’il refuse d’envisager une communication véritable avec la femme, quelles que soient les remises en cause pour y parvenir, prétendre s’occuper des affaires du monde sans enclencher de catastrophes, alors qu'il est incapable d'entrer en relation avec la moitié de l'humanité ?  S’il n’a pas atteint ce minimum de connaissance de soi, qui lui permette une réelle relation à l’autre (sexe), il sera incapable de s’appuyer sur d’autres valeurs que celles qu’on lui a insufflées depuis son  plus jeune âge, c'est-à-dire la domination, la force, et l’humiliation du subordonné, de peur de se retrouver un jour à sa place, valeurs souvent intériorisées par répétition d’un vécu traumatisant. Car la domination, quelle qu'elle soit, est motivée par la peur non dite d’être dominé, puisqu’il n’existe soit disant pas d’alternatives.

La compréhension du fait que le désir masculin est un désir masculin, et non pas féminin, est un préalable pour tout progrès de notre société. Que la femme ose afficher sa différence à la face de l’homme sera un premier pas pour notre mutuelle compréhension. Que l’homme accepte cette différence lui permettra de dépasser le conditionnement millénaire subit, et la réalisation pleine et entière de sa masculinité. Que la femme refuse de  plier, qu’elle assume sa féminité comme essentielle dans son rapport à l’homme, c’est à dire qu’elle sorte de la dualité « mère ou putain », qu’elle dénonce la soumission aux fantasmes masculins au lieu de la  revendiquer comme signe extérieur de libération, et notre société basculera vers un avenir enfin apaisé.

Nous en sommes loin.

La femme, dans son désir d’exister, singe l’homme. Au déferlement du porno répond le voile islamique. L’homme, devant la perte de ses repères traditionnels, s’égare dans une sexualité qu’il retourne sur lui-même (homosexualité).

Tant de luttes et de souffrances féminines doivent-elles nécessairement aboutir à une équipe de football en jupons ?

 

 

La femme, en mimant l’homme, en cherchant à faire son trou dans le système actuel, court après un leurre sans espoir. Soit elle « réussit» dans son entreprise et elle est condamnée à se renier, soit elle se heurte à l’impossibilité de concurrencer l’homme sur son terrain. Dans les deux cas, la trajectoire est court-circuitée, avortée. Le drame vient du fait que le système capitaliste, en s’appropriant ces combats légitimes, les dénature, les vide de toute substance afin de mieux brandir sa victoire à nos yeux incrédules. Le piège, mille fois répétés, fonctionne encore et encore.

Dominant dominé, couple infernal à la dynamique de mort, peur du pénis toujours trop mou dans une compétition sexuelle omniprésente, dictature du plaisir affiché, tous ces concepts nous mènent à refuser l’ouverture nécessaire à l’autre.

Les soi-disant révolutions sexuelles, la  soi-disant libération de la femme sont des leurres dans lesquels toute une génération s’est vautrée. La pilule, prétendument conquête de la femme, a en finalité rendu la femme perpétuellement accessible au désir de l’homme, consommable à merci, en supprimant les contraintes dues aux  grossesses non désirées.  Le piège s’est refermé sur elle en la culpabilisant. Ainsi, celle qui se refuse ne peut être qu’une triste  mégère, désespérément frigide. Voilà la marque infamante, la tare moderne : ne pas répondre ipso facto au désir de l’homme, le petit doigt sur la couture du pantalon, dernier avatar d’une libération affichée, mais insignifiante. L’accusation infamante de « fille mère » a été remplacée avantageusement par celle de « peine à jouir » ! L’accusation évite à l’accusateur toute remise en cause, et surtout elle élève encore un peu plus le mur qui sépare homme et femme.

Cette affirmation publique et obligatoire de la jouissance, sous peine de non existence, explose les frontières de la pudeur, valeur qui se voit taxée de ringarde et réactionnaire. Dans son désir de s’affranchir des tabous, l’idéologie de la libération sexuelle confond exhibition et libération. Dans sa volonté d’éradiquer toute discrimination, elle nivelle tout dans une infâme bouillie, exposant aux yeux de tous ce qui relève de l’intime, répétant à l’infini une sexualité mécanique, sans sens et sans saveur,  condamnée à l’insatisfaction, à la poursuite effrénée d'un orgasme à jamais inassouvi.

La séparation, la désunion des sexes fait parti de la stratégie du démocratisme. Après avoir longtemps organiser la domination de l’homme sur la femme, le capitalisme a fait mine de libérer les femmes de ce joug en les mettant au boulot, c'est-à-dire en les exploitant, mais sans renoncer à diviser pour régner par un salaire moindre que celui des hommes.

Les révoltes des femmes se refermant sur les mollets du démocratisme, le machisme de papa est abandonné, puis condamné, pour être remplacé par l’indistinction des sexes, nouvelle façade de cette idéologie des séparations. L’indistinction sexuelle, agrémenté de « théories du genre », ouvre de nouveaux marchés, donc de nouveaux profits, tels ceux de la procréation artificielle, ce qui réprésente un achèvement dans la réification de l’humain, tout en déstructurant définitivement la psyché de l’individu et ce qui restait de la communauté humaine . Comme toujours, la réussite de l’entreprise dépend de l’identification du populo aux idées nouvelles, ce qui est assuré par un bombardement de propagande promotionnel de l’homosexualité, puis de la transsexualité, pour enfin aboutir en apothéose dans l’intersexualité

 

Le sexisme nouveau est arrivé ! Le machisme est mort, vive la théorie des genres !  La confusion des sexes, le refus de leur spécificité, avec ses contraintes, ses exigences et ses potentialités infinies, sont la nouvelle parure d’un sexisme mortifère. La négation et le rejet de la différence trouvent leurs  racines dans les ersatz des plus lointaines civilisations (la bible et son refus de l’altérité, le rejet des autres par une classification divine du pur et de l’impur, du sacré et du profane, du souillé et de l’immaculé…). Les nouvelles idéologies, parées du voile des droits égaux pour tous, nient toute différence comme étant discriminatoire au lieu de les appréhender comme une richesse. C’est ce refus de la réalité, des faits têtus, qui entraîne toute une génération dans l’apologie de l’homosexualité, puis de la transsexualité, (après un court passage de la revendication du droit à la sexualité des enfants, c'est-à-dire de la pédophilie ou du droit des adultes à abuser des enfants, passage finalement dénoncé comme l’un des pires crimes modernes) et d’ériger en tabou toute critique de ce nouveau modèle.

  La théorie du genre, dans sa volonté d’abolir les stéréotypes sexuels, lutte idéologiquement contre un réflexe naturel chez tout être humain : voir sa progéniture dans un accomplissement de son humanité, dans la réalisation de ses manques et la correction de ses erreurs, et non pas dans un bouleversement de son essence. En ayant la prétention d’effacer un conditionnement séculaire, en prétendant accéder à une éducation sans tabous, offrant le choix à l’enfant entre le vide et le néant, dissociant sexe et genre, cette théorie détruit tout repère et déstructure les fondements mêmes de sa personnalité. L’enfant, face à un panel de possibilités toutes équivalentes, informelles et indistinctes, se trouve dans l’impossibilité de se construire, et de s’affirmer dans la contestation des valeurs que lui inculquait l’éducation traditionnelle. Cette contestation, particulièrement aiguisée pendant l’adolescence, est paradoxalement indispensable à l’assimilation et au dépassement générationnel de ces valeurs. Pour pouvoir développer son sens critique, il est nécessaire d’avoir quelque chose à critiquer, ce dont lui prive le nouveau modèle proposé à l’enfant : ordre sans hiérarchie (de maître à élève, etc), sans distinction (entre père et mère, homme et femme, etc). Modèle non ordonné, où tout se mélange, tout se vaut et tout est flou, sans saveurs et sans points d’accroche. Ici se situe l’idéal du nouvel humain déshumanisé, dans l’affirmation qu’un père vaut une mère (et vice versa) au nom de l’égalité des droits. L’égalitarisme, l’interdiction discriminatoire, engendre un totalitarisme indifférencié et accompagne ce que Debord appelle le capitalisme spectaculaire marchand diffus.


 

Le rejet des tabous se vit et se montre comme libérateur, mais il n'est jamais accompagné d'une réflexion sur le pourquoi de ce tabou, d'une compréhension de ses rouages cachés, ce qui est pourtant le point de départ d'un véritable dépassement de cet ancien code moral, qui demande effectivement une réinterprétation régénérative. Le déni du lien entre enfantement et maternité, la revendication du lobby homosexuel à l’homoparentalité, outre qu’il propose aux  yeux de tous un modèle de société sans futur possible, ne tient aucun compte du droit des enfants à une éducation sexuellement différenciée (ou plus simplement à une mère et un père), ni des devoirs (revendiqués ou non) de la mère et du père envers l’enfant. Quand la confusion des esprits est organisée au point de défendre le « droit à l’enfant » pour les couples homosexuels comme une conquête sociale, une revendication à l’égalité des droits, le but ultime de suppression des repères, de déshumanisation,  de marchandisation des corps n’est  pas loin d’être atteint. Quand la science permet à l’homme de s’affranchir de l’autre sexe pour se reproduire,  ce sont les fondations  de l’humanité qui sont mises en question. 

Il est fort possible que le démocratisme, dans un ultime spasme, réunifie  hommes et femmes en gommant leurs différences, niant leur spécificité dans l"unité factice du genre.  Triste humanité hyper sexualisée,  mais monochrome et indifférenciée.

La reproduction par clonage, la sélection des fœtus, gamètes et autres achèvent le processus de marchandisation du corps humain, toujours sous le couvert de la liberté individuelle et du droit à l’égalité. Dans son projet global d'extension de la marchandise, le capitalisme pourchasse tout espace de gratuité,de solidarité où l'argent ne trouve pas sa place. En cela, la famille, en tant qu'un des derniers bastions de rapports non marchands, doit être disloquée, puis détruite.

 Les projets d’humanité améliorée portent en eux l’eugénisme, comme le capital porte en lui la guerre. L’élite mondialiste, dans son délire d’auto-reproduction contrôlée,  sera un jour ou l’autre confrontée à la masse des humains ordinaires et ingérables. La solution qu’elle adoptera, si nous la laissons faire, ne saurait être indolore.

 

 

 

 Au commencement, Dieu le père avait des couilles… et la vierge n’en menait pas large.  Ainsi donc, après des siècles d'intrusion des religions dans la sexualité, de tentative de contrôle et de répression de cette force vitale par un code moralisateur, nous voilà face à un nouvel  impératif : jouir sans entraves; et surtout afficher cette jouissance. En séparant le sexe et l’amour, la sexualité est réduite à une performance, elle est astreinte au résultat et elle rentre dans la sphère économique. En s’affichant au regard de tous, elle impose des normes, tout en revendiquant le franchissement des tabous. La poursuite du plaisir pour le plaisir, en appauvrissant la relation à un acte purement mécanique crée automatiquement la frustration, réclame toujours plus de sexe dans un tourbillon où la satisfaction est inatteignable..

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 18:29

Chomsky et le 11 septembre 2001

Petite critique d’un passage de son livre :

« L’ivresse de la force »

 

 

(Cet échange d’arguments a eu lieu en septembre 2008 en réponse à un journaliste aux yeux fermés  et oreilles bouchées ; les critiques sont en italique, les citations de Chomsky en caractère gras. Chomsky démarre sur les théories du complot du 11/9 et leurs « adeptes »)


 

D’abord, je ne fais pas grand cas de ces théories, mais je suis assailli de lettres à leur sujet. Ce n’est pas seulement une énorme industrie, c’est une industrie assez fanatique. (…) C’est presque une sorte de fanatisme religieux.

 

Ici je ne vois pas ce qui permet à Chomsky de dire qu'il s'agit d'une industrie, ce qui sous- entend non seulement une organisation, mais aussi une rentabilité de l'entreprise. Difficile d'avancer de tels arguments sans exposer de preuves.  Pour ma part, je ne vois que des individus qui rament pour trouver un espace d'expression un peu plus élargi qu'internet. Quant au fanatisme religieux, je vous ferai  remarquer que les religieux apportent généralement  des réponses, des vérités révélées, alors que le mouvement pour la vérité  sur le 11/9 pose  surtout  des questions.  


Il faut quand  même se poser des questions. D’abord sur les preuves matérielles. Il y a des coïncidences inexpliquées, des témoignages personnels, etc., mais cela ne pèse pas lourd. On en trouve dans n’importe quel événement mondial complexe. Au sujet des preuves  matérielles, peut-on vraiment  devenir un expert  très qualifié en génie civil et mécanique en passant une heure ou deux sur Internet ?


Bien sur que non, mais personne ne le prétend.

 

Si oui, il faut dissoudre  les sections génie civil et mécanique du Massachusetts Institute of Technology. (…) Si vous croyez réellement à l’une ou  l’autre de ces preuves, c’est simple : adressez-vous à des spécialistes capables de les évaluer. Peut-être avez-vous trouvé un physicien quelque part, mais, à ma connaissance, personne n’a voulu proposer quoi que ce soit à une revue professionnelle sérieuse, soumise à la discipline de l’"examen  par les pairs".

 

Pour des avis d'experts, vous en trouverez une ribambelle (architectes, pilotes de lignes, militaires, etc.) sur reopen9/11 à cette adresse là:
http://www.reopen911.info/temoignages.html



Même sans aller jusque-là, on peut consulter les départements universitaires de génie civil et mécanique. Peut-être les membres du "mouvement pour la vérité sur le 11 septembre" pensent-ils qu’ils sont tous dans le coup ? Si le complot est vaste à ce point, on peut aussi bien l’oublier. Les adeptes du mouvement disent qu’ils ont peur. Il n’y a pas de quoi avoir peur. C’est une des positions les plus sûres pour un opposant, tous ceux qui ont un peu d’expérience en la matière vous le diront. En fait, les autorités se montrent assez tolérantes à cet égard.



Aux USA, je ne sais pas, mais en France, certainement pas. Quand ils ne sont pas tout simplement  ignorés, les "adeptes de la théorie du complot", comme vous dites, reçoivent des bordées d'injures et se font traiter d'antisémite ou de révisionniste, ce qui est très à la mode. L'antisémitisme, en France, n'est pas une opinion mais un délit, quant aux révisionnistes, ils n'ont plus droit à la parole  depuis la loi Fabius-Gayssot. Si vous voulez faire taire quelqu'un, il est bon de le traiter  d'antisémite et de révisionniste.

Ce qui nous amène à une seconde question. Pourquoi ce débat autour du 11 septembre est-il si bien toléré ? Je soupçonne le pouvoir de le voir d’un bon oeil. Il capte énormément d’énergies et les détourne des véritables crimes de l’administration, infiniment plus graves. (…) Pensons à l’invasion de l’Irak, ou au Liban. Ou à ce qu’ils font subir à la population  ouvrière des Etats-Unis. (…) Ils commettent des crimes réels, qui suscitent très peu de protestations. Une des raisons - pas la seule, bien entendu -, c’est qu’on dépense énormément d’énergie militante potentielle dans ces polémiques autour du 11 septembre  

Bien sur, on peut considérer le démontage de la propagande officielle comme anecdotique, ou comme un passe-temps sans intérêt. Ce n'est pas mon cas et cela m'étonne de la part de Chomsky. Par ailleurs, considérer que les personnes qui militent  pour une  réouverture  de l'enquête sur le 11/9 ne sont pas sensibles à d'autres sujets tels que la guerre  en Irak ou  au Liban est tout simplement faux !!!  Les deux combats sont intimement liés, le 11/9 ayant servi de prétexte aux guerres.

Du point de vue des gouvernants, c’est excellent. On donne même à ces militants du  temps d’antenne (…), on met leurs livres bien en vue dans les librairies.

Cela a été vrai pour le premier livre de Meyssan, mais c'est bien  fini. Il est aussi arrivé qu'on leur donne la parole dans un débat télévisé, à condition que le débat  soit inégal, que le présentateur coupe la parole au "truther"(c'est l'expression consacrée), et qu'il n'ait en aucun cas le temps d'exprimer une opinion cohérente face à des professionnels des médias qui le réduisent en charpie en un tour de micro. Bref, que l'on  soit  sûr de l'envoyer à l'abattoir. Bourdieu a très bien expliqué cela. 

Très tolérant, comme réaction. (…) Ce n’est pas le genre de réaction qu’on provoque quand on touche aux sujets sensibles.
(…) Et je ne crois pas que leurs preuves soient sérieuses. Ni même que ceux qui les exposent soient capables de les évaluer. Ce sont des questions techniques compliquées. On n’a pas l’air de le comprendre, mais ce n’est pas pour rien que les scientifiques font des expériences, qu’ils ne se contentent pas de filmer ce qu’ils voient par la fenêtre. Car ce qu’on voit par la fenêtre est la résultante de tant de variables qu’on  ne sait pas ce qu’on a dans cet imbroglio si complexe. On peut y trouver toutes sortes de coïncidences inexpliquées, d’apparentes violations des lois de la nature. (…) Donc, découvrir qu’il s’est passé ceci, qu’il est arrivé cela, etc., ça ne veut rien dire.

Tout est compliqué, bien  sûr, mais ce n'est pas une raison pour ne pas s'atteler à la tâche. Les scientifiques eux-mêmes se  posent des questions (
http://www.reopen911.info/dossiers/pdf/ … iciels.pdf ) 
.Par ailleurs, il existe un moyen  très simple pour le gouvernement américain de mettre fin  à la polémique: nous montrer une vidéo d'un avion se crashant sur le Pentagone. Vu le nombre de caméras l'entourant, ce ne devrait pas être trop difficile.. 


L’argument "à qui profite le 11 septembre ?" n’a guère de poids. Dans ma première interview après le 11 septembre, je crois avoir fait cette prédiction  pas particulièrement brillante : tous les pouvoirs du monde allaient  immédiatement exploiter l’événement à leurs propres fins. La Russie allait durcir ses atrocités en Tchétchénie, Israël en Cisjordanie, l’Indonésie à Aceh, et la Chine dans ses provinces occidentales. Aux Etats-Unis on s’en est servi de la façon que l’on sait, mais aussi de beaucoup d’autres, moins médiatisées.
(…) Presque tous les gouvernements ont pris des mesures pour surveiller plus étroitement leur population et ce genre de choses. L’administration Bush  l’a fait aussi. Donc, "à qui profite le crime ?" n’est pas une preuve suffisante de culpabilité.


Ce n'est pas une preuve suffisante, mais c'est un des éléments qui posent question.



L’idée même  n’est pas crédible. Pour qu’il y ait une once de vérité dans les théories sur le 11 septembre, il faudrait qu’il y ait eu un énorme complot, incluant les compagnies aériennes, les médias, la préparation des faux avions. Il aurait fallu mettre au  courant quantité de gens dans l’administration. Ils ne s’en seraient jamais tirés. Même une dictature n’aurait pas pu. C’est une opération vraiment risquée.



Ce qui aurait été très compliqué pour un gouvernement, ou un service émanant de ce gouvernement, ou une partie d'un service émanant de ce gouvernement, serait donc très simple pour quelques terroristes d'Al Qaeda débarqués tout droit de leurs grottes afghanes ? Je vous rappelle que parmi les nombreux mensonges de l'administration Bush, on nous avait promis un repaire de Ben Laden bourré d'électronique hypersophistiquée, et qu'à la finale, il n'y avait rien.



La probabilité d’une fuite est très élevée : ça se serait su tout de suite. Et la moindre fuite aurait aligné tous les dirigeants devant le peloton d’exécution, et sonné  le glas du Parti républicain à jamais. Et pour gagner quoi ? Un prétexte pour faire ce qu’ils auraient fait de toute manière, sous un autre prétexte qu’ils auraient pu trouver".



Le problème de nos prétendues  démocraties occidentales, c'est qu'elles ont besoin d'un minimum d'adhésion des populations pour partir en guerre. Et effectivement, le terrorisme sous fausse bannière est un des moyens d'obtenir cette adhésion.

 

" Les théories sur le 11 septembre (…) exercent le même attrait que le fondamentalisme religieux. (…) Il y a des gens qui n’aiment pas ce qui se passe, qui ont vécu des moments très difficiles, n’ont confiance en personne, et qui n’ont aucun moyen de réagir. Alors ils se raccrochent à quelque chose. Et Internet a un effet pervers. Si c’est un outil merveilleusement efficace pour obtenir des informations, pour l’action politique, pour toutes sortes de choses, il a cependant un gros inconvénient : n’importe qui peut lancer une théorie sur un blog ; cela n’a pratiquement aucun poids, mais ensuite cinq personnes la lisent, et très vite elle entre en croissance exponentielle, jusqu’à devenir une énorme industrie qui s’auto-alimente. Des industries de ce type, il y en a à foison.



De l'avantage et des inconvénients de ce merveilleux outil qu'est  internet.



(…) Je reçois une avalanche d’e-mails. Et une grande part, plusieurs par jour, envoyés par des gens honnêtes et sincères, me demandent : "Dites-moi ce que je peux faire". Les auteurs de ces courriers appartiennent pour la plupart aux milieux aisés, privilégiés. Ils ne sont pas richissimes, mais assez aisés pour s’asseoir à une table un soir et écrire une lettre à quelqu’un. Dans les pays du tiers-monde les habitants ne vous demandent pas : "Dites-moi ce que je peux faire", ils vous disent ce qu’ils font. Mais, là où les populations sont infiniment plus libres, les gens posent toujours cette question : "Que puis-je faire ?" Et un jour ils se disent : Ah, voilà ce que je peux faire : devenir en une heure ingénieur qualifié en génie civil et prouver que c’est Bush qui a fait sauter les tours jumelles.



Certes, le sentiment d'impuissance est organisé, mais que les gens honnêtes réagissent et sortent de cet état léthargique qui convient si bien au pouvoir, c'est tant mieux. Si la manière dont ils le font ne convient pas à Chomsky, c'est désolant, mais cela ne change rien au fond du problème qui n'est pas, y a-t-il eu complot, car il y a forcément eu complot, mais quels en sont les organisateurs ?



Je suis sûr qu’à Washington ils applaudissent des deux mains. (…)"



Ca, c'est moins sûr. Mais je ne doute  pas de la capacité du pouvoir à digérer le mouvement pour la vérité sur le 11/9. C'est la particularité du capitalisme de produire des forces qui travaillent à sa destruction, et de les récupérer pour mieux se renforcer.  Je pense que la plupart des actes dits terroristes sont téléguidés par les Etats qui y puisent de grands profits. Evidemment, il y a des chances que ces terroristes s'autonomisent et échappent au contrôle des Etats, mais à la finale, les services spécialisés arrivent à retourner la situation à leur avantage. L'histoire ancienne et récente nous en fournit de multiples exemples. Il se peut aussi que les services spécialisés s'autonomisent et échappent au contrôle du pouvoir politique, et c'est sans doute ce qui s'est passé le 11/9. Ah, nous vivons un monde compliqué. Voilà résumé en quelques lignes ma lecture des événements, on pourrait écrire des bouquins dessus, d'ailleurs c'est déjà fait, il n'y a qu'à tendre la main pour les trouver. Je crois que Chomsky a mal analysé  la situation  au départ  et  qu’il  se débat  dans une position  qui  n’est pas tenable, prendre  ses distances avec la version  officielle  tout en rejetant les arguments qui la critiquent.. 

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 12:29

 

 

Le racisme a été longtemps vécu comme une évidence, ce qui est le signe qui devrait nous avertir de sa nocivité. C’est aussi sans doute l’idéologie la plus partagée au monde, la plus répandue, même lorsqu’elle n’est pas théorisée par les élites qui la génèrent. Comme toujours, cette idéologie correspondait aux intérêts des puissants,  intérêts qui s’étalent dans toutes les formes d’esclavage connues, dans sa brutalité première avec le servage puis les déportations des populations africaines, et enfin dans sa forme plus subtile qu’est l’immigration.

 

L’abandon du racisme comme modèle de civilisation ne correspond pas à une moralisation quelconque du système, mais à un déplacement des intérêts de la classe dominante. L’exploitation sauvage de la population immigrée étant arrivée à son paroxysme, et engendrant des conflits à la limite du gérable par les autorités en place, l’oligarchie au pouvoir promeut maintenant l’antiracisme comme valeur suprême, et  condamne le racisme comme la pire des calamités, la barbarie suprême. Ainsi, après avoir provoqué et entretenu le racisme en imposant des conditions de vie misérable et un travail abrutissant à toute une population parachutée dans une culture incomptréhensible pour eux tout en la parquant dans des bidonvilles et des ghettos, les puissants du moment inversent la vapeur et nous désignent l'ennemi à abattre : le raciste.

 

AU XVII° et XVIII° siècle, l'esclavage est une évidence et le racisme la loi. La simultanéité et la convergence du génocide des amérindiens et de la déportation des africains permettra une accumulation rapide des richesses.Le but étant de détruire des sociétés structurées ayant la capacité de développer une résistance aux colons, et d'y substituer une population affaiblie et déracinée, incapable, pour un temps du moins, de réagir à la bestialité coloniale (le parallèle avec la forme douce de neutralisation des luttes sociales actuelles est évident; voire l'article IMMIGRATIONISME/MONDIALISME).


Au XIX° siècle, l"Amérique étant indépendante, le racisme était perçu comme la normalité et l'oligarchie européenne se tourne vers la colonisation de l'Afrique et son cortège d'idéaux (civiliser les sauvages). Comme toujours, l'idéologie du progrès (matériel, moral) cautionne le pillage des richesses des pays colonisés . Le capital se développant au niveau national, l'idéologie qu'il secrétait visait à justifier l'exploitation des autres peuples, jugés inférieurs, au profit de la civilisation.

 

C'est à partir du milieu du XX° siècle, que le capital passe à un niveau supérieur de son extension. L'idéologie engendrée se retourne sur elle même pour se finaliser dans un anti-racisme perçu comme une avant garde morale. Ainsi, l'anti-racisme, l'apologie du métissage seront tenus pour des valeurs de gauche alors que cette idéologie est objectivement un soutien au mondialisme promu par les élites internationales.

Dans la même dynamique, les firmes  et les intérêts ne se concevant plus qu’au niveau planétaire, il est beaucoup plus commode de délocaliser les lieux de productions dans des pays sans protection sociale et environnementale que de procéder à des transferts de population, d’où l’abandon du racisme, en tant que facteur de division du prolétariat, devenu inutile et même contre-productif, comme idéologie dominante, et l’apologie de l’antiracisme sensé rétablir une paix sociale précarisée.

A chaque stade de développement du capitalisme, l'idéologie engendrée est perçue comme une avancée morale, sociale, ce qui favorise l'acceptation par les peuples d'un monde de plus en plus soumis à l'économie marchande, au salariat généralisé.

 

Racisme et antiracisme sont les deux facettes  idéologiques des mêmes intérêts, ceux de la classe dominante.

 

L'antiracisme est le socialisme des imbéciles.

 

La science vient au secours de cette nouvelle idéologie, ne reflétant que les turpitudes de son époque.

 

Vouloir prouver l’existence ou l’inexistence des races par la science est absurde. La science du XIX° siècle nous expliquait qu’il existait non seulement des races, mais aussi une hiérarchie entre elles, ceci par différents moyens de comparaison anatomique. Celle de la fin du XX° nous bassine avec des comparaisons génétiques pour nous expliquer le contraire. Qui sait ce que nous racontera celle de la fin du XXI° siècle ? Il nous faut la naïveté d’un Albert Jacquard, toujours convaincu d’être du côté des gentils et du bon droit, pour tenter de bloquer toute pensée par des arguments qui se veulent objectifs, mais qui ne tiennent pas la route plus de cinquante ans (soyons larges).

 

Nier les différences raciales, c’est refuser de voir le bout de son nez. Elles existent et c’est une bonne chose, la diversité est une richesse. Par contre, fonder des idéologies sur ces différences est aussi idiot que théoriser sur les hommes à pieds plats ou cambrés …, et c’est aussi mortifère.

 

(En cours de rédaction, à suivre…)  

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 23:05

"Nous aurons un gouvernement mondial,que cela plaise ou non. La seule question est de savoir s'il s'établira par la force ou de plein gré."

Paul Warburg

 

 

 L’immigrationisme, contrairement aux autres idéologies collatérales, a été porté par les mouvements soit disant contestataires ou révolutionnaires, sous la forme d’associations antiracistes ou de partis antifascistes. Si nous pouvons évidemment établir un lien entre le travail salarié, forme subtile d’exploitation, et l’esclavage, dans sa  brutalité primitive, de même nous pouvons assimiler l’immigration économique à une forme évoluée de la déportation. La modernité de ces deux formes de destruction de l’humain (travail salarié et immigration) se caractérise par l’acceptation, et même la revendication de sa condition par l’individu.

 Ainsi, la déportation économique de toute une population immigrée est soutenue par les prétendus opposants au capitalisme, au nom du droit à la libre circulation !

Soutient-on-le droit à la mobilité des déportés ou des réfugiés des dernières guerres ?

(précision septembre 2015 : oui, finalement, l'idéologie immigrationiste nous montre à voir l'indécent spectacle de populations encourageant les nouveaux déportés du capital en guerre, faisant l'impasse sur les causes et les conséquences de ces guerres de destruction des peuples. Redistribuer les cartes implique un cynisme nécessaire et inhumain, c'est à dire marchand )

De même il est impossible (et pas souhaitable) de stopper les flux migratoires par des contrôles policiers à une époque où les déplacements sont supersoniques, les frontières arbitraires, et les  niveaux de vie incroyablement disproportionnés, de même il est  inenvisageable de ne pas accueillir dignement les déportés économiques qui échouent sur nos plages ou dans nos aéroports. La seule solution est alors de rétablir des rapports d’équité avec les pays à l’économie soi-disant sous développée, de façon à ce que la population indigène ait un avenir (et un présent) sur son territoire, et que les étrangers qui viennent sur notre sol y viennent par choix, et non par désespoir. Ceci nous permettra de les accueillir dans la joie et le respect qu’ils méritent, et leur évitera d’être perçus comme des clandestins. Rétablir des rapports d’équité (et non d’égalité) entre pays, cela sous entend décoloniser effectivement, dans les têtes comme dans les actions, cela suppose un effort conscient du colon comme du colonisé. La première des mesures à prendre serait évidemment d’annuler les dettes odieuses et illégitimes. Puis passer des accords avec les représentants des populations pour leur rendre la maîtrise de leurs richesses minières, agricoles et industrielles. Cela suppose la fin du droit d’ingérence, ce nouvel habillage de l’impérialisme. Cela suppose aussi que les peuples se débarrassent de leurs potentats locaux, ce qui sera facilité du fait qu’ils ne seront plus soutenus par les anciennes puissances coloniales.

Face à l'ampleur des phénomènes migratoires,  les mediat instrumentalisent  la compassion naturelle qu'ils génèrent pour renforcer l'idéologie mondialiste et son projet marchand. Evoquer la souffrance des réfugiés, politiques ou économiques, sans dénoncer les causes de l'immigration, c'est à dire les guerres, militaires ou économiques, que le démocratisme exporte vers les "axes du mal" ou autres "dictateurs qui massacrent son peuple", c'est marcher les yeux crevés, confiant dans un avenir aux sombres promesses.

Pour plus de clarté, s'apitoyer sur le sort des "migrants" sans dénoncer les guerres (comme si elles étaient des phénomènes naturels), sans accuser les fauteurs de guerre, c'est à dire principalement le lobby militaro-indistruel, le lobby pétrolier et les politiques qui les servent, c'est faire le jeu des esclavagistes pourvoyeurs de main d'oeuvre à bas coût.

En confondant la défense légitime des populations victimes de cette immigration-déportation, et le droit à la libre circulation des êtres humains, en niant la souffrance des populations autochtones, en diabolisant l’expression de cette souffrance en l’assimilant à du racisme, les organisations dites de  gauche ont  jeté ces populations dans les bras des partis dits de droite. Partis qu’elles ont longtemps réussi à ostraciser.

La convergence objective entre les idéologies d'extrême gauche (no border) et les intérêts du capital mondialisé ne trouble en rien nos joyeux militants antifas. Non que l'idéal de suppression des frontières soit néfaste en soi, mais bien parce que ce projet, au stade actuel d'hégémonie de la marchandise, ne peut que combler l'élite mondialisée dans son espoir de détruire la cohérence d'une classe ouvrière unifiée dans une lutte déjà inégale. L'internationalisme promu par Marx n'a de sens que dans le cadre d'une révolution communiste, mais se révèle comme le meilleur allié de l'oligarchie mondialisée et de l'ultra-libéralisme triomphant dans le monde spectaculaire marchand. Promouvoir la suppression des frontières, se proclamer citoyen du monde dans le cadre du capitalisme spectaculaire marchand, c'est soutenir l'hyper-classe effectivement mondialisée, c'est confondre internationalisme ouvrier et mondialisme de l'hyper-classe, c'est faire le jeu des marchands d'esclaves, c'est mondialiser la barbarie marchande.

La société du spectacle marchandisé génère toujours l'idéologie répondant à ses besoins, piochant à l'occasion dans les milieux les plus divers, spectaculairement opposés à elle, mais essentiellement accordés à ses intérêts.

 

 

La politique migratoire, après avoir été un esclavage qui ne dit pas son nom, une déportation ethnique d’origine économique, pour le plus grand profit  du capital rayonnant, révèle son vrai visage en délaissant toute cette population devenue inutile dans un système prédateur. Désormais, les capitalistes trouvent plus facile et rentable d’exporter leurs industries dans les pays à bas coût de main d’œuvre. Ainsi, après avoir mis en concurrence les populations du sud et du nord, après avoir endetté artificiellement les pays du tiers monde, réduit en esclavage les populations par le biais de cette dette inique, le capital s’expatrie et exploite sans vergogne une innombrable main d’œuvre mise à sa disposition sans protection sociale, mise en esclavage par une oligarchie locale corrompue jusqu’à la moelle, tout en revendant les marchandises finies à un occident décadent, en voie de paupérisation accélérée, mais malgré tout suffisamment riche pour se presser dans les grandes surfaces et acheter les saloperies fabriquées dans ces lointaines contrées.

Ce double mouvement de bascule (apport de population dans les pays développés, puis délocalisation des industries dans les pays sous développés) répond de la même logique mercantile et doit être dénoncé en tant que tel. C’est sur ce mépris des populations que se bâtissent les fortunes, sur la douleur de l’exil (l’immigré), ses difficultés d’insertion dans un monde où personne n’a songé à l’accueillir, et les difficultés de l’indigène mis en compétition avec un sous- prolétariat importé, que s’est développé pendant les trente glorieuses la phase un du mondialisme. La phase deux, que nous vivons actuellement, n’en est que la continuité : l’hypertrophie des capitaux se déplaçant à la vitesse de la lumière et la mise en concurrence mondiale des travailleurs déclenchent catastrophes sociales sur catastrophes écologiques, tétanisant les populations pour l’instant désarmées. Cette tenaille, dans laquelle se trouve broyées les populations les plus fragiles, n’a pas été appréhendée par les organisations gauchistes et droit de l’hommiste, qui n’ont voulu voir que la tragédie de l’immigré, tout en dédaignant le drame de l’ouvrier indigène. C’est sur ce refus d’envisager le problème dans sa globalité que se sont développés des partis dits d’extrême droite, ce qui n’a eu pour effet que d’opposer les populations au lieu de les unir dans un combat commun contre leur ennemi commun, le capital mondialisé. La paupérisation de notre société est programmée, et elle s’accompagne nécessairement d’une destruction des repères, des solidarités, des cultures, en un mot d’une déshumanisation.

Le capitalisme ne conçoit la libre circulation des hommes que sous un apport marchand. Dans ce cadre, l’homme ne peut circuler que si sa métamorphose en tant que marchandise est achevée, c’est à dire s’il a perdu son humanité. A ce stade de son évolution, le système marchand spectaculaire organise la circulation des masses en tant que marchandises échangeables, corvéables, exploitables. 

Que ce soit sous l’angle d’un afflux de main d’oeuvre immigrée, présenté comme réfugiés de guerre ou déportés économiques, ou les migrations touristiques de masse (vouées à la consommation d’un exotisme préfabriqué niant la notion même de voyage), revendiquée comme source de profits, l’humain doit s’effacer puis disparaître pour laisser place à la seule valeur que le démocratisme reconnaît : l’argent.

L'importation massive de populations fuyant la misère et les guerres artificiellement provoquées participe de ce projet du chaos organisé, accélérant le mouvement de destruction des solidarités en créant les conditions objectives de l'emergence de conflits entre les peuples.

Les associations antiracistes se parent du voile de la bonne conscience, mais cette idéologie, comme toutes les autres, trouve sa justification dans des intérêts bien compris et soigneusement cachés. Cependant, elle profite comme ses consœurs, d’une part d’autonomie et son fond de commerce est bien le racisme qu’elle dénonce d’un côté, et dont elle se nourrit d’autre part.

Le processus peut se disséquer ainsi :

-organiser la venue d'immigrés en masse, les mettre en concurrence avec la main d'œuvre locale tout en les laissant moisir dans des ghettos insalubres (années 50/70) ;

-organiser la venue des familles de ces immigrés (regroupement familial) au nom des droits de l'homme, du droit de circulation, entrainant une pression maximale sur les travailleurs par le développement du chômage de masse (milieu des années 70 à nos jours).

-développer une sous culture (rap, foot) à l’intention des enfants de ces populations, pour mieux canaliser la révolte qui forcément grondera devant tant de mépris et  d’injustice. Magnifier cette sous culture en l’affublant d’un statut « underground », puis l’officialiser quand elle risque de s’autonomiser dans une subversion radicale, de façon à la dévitaliser, pasteuriser, stériliser.

-maintenir cette population dans la misère, provoquant ainsi le rejet des indigènes, des phénomènes de communautarisme et engendrant délinquance et crime.

-dénoncer les attitudes de rejet comme du racisme, élevé au grade de crime suprême (tout délit ou crime étant punissable légalement avec circonstances aggravantes au cas où il existerait des suspicions de racisme).

-enfin, l’hypocrisie atteint le comble : l’oligarchie, dotée d’un superbe mépris des populations qu’elle manipule, se désintéresse du sort de ces manants qui s’agitent en tout sens, et délocalise les industries à forte main d’œuvre, profitant des nombreuses dérégulations qu’elle a imposées aux états, et  accentue encore la pression sur le chômage (années 2000 et suivantes).

Mais  les délocalisations industrielles ont un effet pervers inattendu. En condamnant les populations, quelles soient d’origines étrangères ou pas, à un chômage de masse, le capitalisme mondialisé découvre sa fiole de rat, et encourage l’unité de ces populations dans une lutte, qui, après tout, pourrait s’avérer finale !

L’idéologie du métissage, qu’il soit culturel, sociologique ou racial, arrive en support à la phase deux du mondialisme. Il devient une valeur en soit, prônée par les ligues et associations droit de l’hommiste, qui remplissent ici leur rôle d’idiot utile. On nous propose un pot pourri culturel, une bouillie  intellectuelle à savourer comme finalité de l’humanité.

 Ainsi, se promener à Hong-Kong ne se distingue pas d’une balade à Dubaï ou à New-York ; les architectures y sont les mêmes. Les architectes, interchangeables, aussi. 

Sur les publicités de nos cités sans âme, les marionnettes sont uniformément café au lait, ce qui semble être la panacée, comme si le noir ou le blanc étaient les couleurs de l’ancien monde.

La musique (world music) réussit l’exploit d’être à la fois informe et uniforme.

L’anglais se banalise dans un patois international, se substituant à la saveur des langues locales.

Il est impossible de déceler l’origine géographique, ethnique, culturelle d’un artiste plasticien.

La destruction des coutumes locales (que ce soit par un abandon de ces coutumes, ou par une marchandisation spectaculaire d’un folklore figé et privé de tout sens que le tourisme de masse détruit dans une consommation effrénée), l’uniformisation des modes de vie, la dénonciation des particularismes, font partie intégrale du projet mondialiste.

La résistance  à cette déculturation est dénoncée comme du chauvinisme ringard, sauf quand il s’agit des populations indiennes d’Amazonie, ou autres peuplades perdues et condamnées, puisque ces populations ont déjà été décimées et ne représentent plus un obstacle à l’expansion de la marchandisation démocratique universelle.

L’idéologie mondialiste, dans sa genèse, s’est (habilement) présentée sous la forme de l'idéologie communiste, prenant le nom d’internationalisme. Elle était porteuse d’espoir pour l’humanité, bien que  nourrissant en son sein le poison de l’universalisme dictatorial. La lutte des classes se soldant momentanément par la défaite des prolétaires, la classe dominante a compris tout le bénéfice qu’elle pouvait tirer de cette idéologie en la mettant effectivement en œuvre sur la base de la libération des échanges, des capitaux, et la suppression de toute réglementation qui freinerait un capital débridé. Le corollaire étant bien évidemment la marchandisation  de l'homme, indispensable à son "droit à la circulation", droit qu'il ne peut user que s'il est auparavant réduit à l'état d'esclave, de marchandise.

 

 

Le mondialisme, et son pendant l’alter mondialisme, s’est imposé comme une évidence. L’idéologie mondialiste, en tant qu’expression des intérêts du moment de l’hyper-classe exploitante, a comme d’habitude, générer sa contestation. Mais c’est dans cette contestation qu’elle trouve sa justification, les nouvelles forces qui lui permettront de se régénérer. Cette contestation ne représente pas un réel danger pour le système, car trop dispersée, sans véritable lien social, culturel, territorial, en un mot trop mondiale ! Elle ne remet pas en cause la nécessité d’une gouvernance mondiale, mais les moyens pour y parvenir et la forme que devrait prendre  cette gouvernance. 


Confondre mondialisme et internationalisme s’avère mortifère. 
Le mondialisme, c’est l’internationalisme des capitaux, leur circulation sans entraves ni contrôle à la vitesse de la lumière, la suppression de toutes barrières fiscales, environnnementales, nationales. C’est l’exploitation de tous sans discriminations (pour une fois)  par une masse anonyme qu’on appelle « actionnaires », ou encore « fonds de pensions et d’investissements » que gère une toute petite minorité agissante, exploitant  les secousses systémiques inévitables à son unique profit. C’est la liberté du renard dans le poulailler, et c’est la mort des poules. C’est la déportation économique des hommes vers les lieux d’exploitation les plus rentables. C’est la production d’une population de «  réfugiés de guerre » (si les mots ont un sens, ce ne sont en aucun cas des réfugiés, mais des déportés de guerre, la subtilité du démocratisme étant de provoquer notre adhésion à la barbarie qu’il déchaîne),  prête à tout accepter pour survivre.  Le mondialisme est la seule et inévitable expression de l’extension marchande possible tant que nous ne renversons pas la table.
L’internationalisme, terme impropre, c’est l’unité des peuples pour abolir l’argent et la marchandise pour enfin retrouver le sens du mot fraternité. De cette unité tomberont les frontières et la séparation de l’homme de son humanité, surgira la réunification des morceaux éparpillés d’humain que nous sommes, réunification dans l'acceptation des différences et non dans l'uniformisation des modes de vie . 
Il n’y a pas de place pour l’internationalisme dans notre monde, car  son avènement signifierait la mort du mondialisme. Or la bête est coriace, et la lutte pour l’abattre à peine entamée. L'internationalisme n'est envisageable qu'en abattant le mondialisme. 

 

 

Le mondialisme est la négation de tout système réellement démocratique. La démocratie, pour être effective, doit être au plus proche de ses acteurs, les « citoyens ». Plus les institutions seront éloignées, géographiquement, plus les élus (quelle que soit ce mode d’élection, bulletin de vote ou tirage au sort) représenteront un grand nombre de citoyens, plus la démocratie s’éloigne (mécaniquement) de son idéal. La véritable démocratie est forcément locale.

Déterminer quel est le juste niveau qu’il ne faut pas dépasser pour qu’une société puisse se dire démocratique, savoir si la nation, ou la région, sont des limites infranchissables est un débat auquel nous ne pourrons pas échapper.

Une chose est sûre, c’est qu’au niveau mondial, un gouvernement ne peut être que dictatorial. Les structures internationales qui tentent de se mettre en place rêvent de détruire le peu de souveraineté qu'il nous reste en démolissant les états nations. Bien que terriblement imparfaits, ces états nations représentent l'ultime rempart contre l'hégémonie des empires en construction (Europe), ou en voie d'hypertrophie (USA).  Ces structures telles que l'ONU, la Banque Mondiale, le FMI etc., ne  cherchent même pas une caution populaire, elles se justifient en arguant du fait qu’elles ont été désignées, dans le meilleur des cas, par des gouvernements élus, ce qui permet tous les systèmes d'influence, de corruption.  Elles n’ont que faire des peuples, elles sont manipulées par des lobbies ouvertement arrogants, affichant leur puissance au nez du pauvre peuple ébahit devant tant de « chutzpah ».

L’Union Européenne semble être une caricature de cette construction mondialiste. Tout en affichant les intentions les plus pures, les rouages du pouvoir y sont ouvertement anti-démocratiques. De plus, quand par malheur les gouvernements archaïques sont, du fait de leur constitution, obligés de consulter leur population, et que celle-ci, dans un réflexe de survie, une réaction de lucidité, se prononce à l’encontre de la volonté des élites, alors on n’hésite pas à faire revoter, ou même à court-circuiter le référendum en passant par le vote des députés/sénateurs.

Ce genre de forfaiture ne semble gêner que peu de monde.

 

Rejeter les états souverains au prétexte d’un nationalisme honni pour se jeter dans les bras d’un empire européen soumis aux diktats américains  relève de l’aveuglement volontaire. « L’empirisme », stade suprême du nationalisme, se fard de bons sentiments, affirme que les problèmes qui se posent à l’humanité ne peuvent se régler qu’en passant par ses fourches caudines, pour mieux imposer l’ultra libéralisme universel.  

 

 

 Texte en cours de rédaction, à suivre....

 

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 17:51

 

"Les juifs se sont émancipés dans la mesure même où les chrétiens sont devenus juifs"

Karl Marx

 

"J'ai une idée formidable, attirer des antisémites honnêtes, et les inciter à détruire les propriétés juives."

Théodore Hertzl

 

"Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal, nous avons pris leur pays... Ils ne voient qu'une seule chose: nous sommes venus et nous avons pris leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela?"

David ben-Gourion


"Israël n'est pas un pays qui a une armée, c'est une armée qui possède un pays"

 

Le sionisme s’appuie sur un mensonge historique dont nous n’avons pas le droit de discuter ici, sous peine d’emprisonnement et de toutes sortes de persécutions  judiciaires.  

 

Cependant, l’idéologie sioniste existait préalablement à cette imposture, et c’est la conjonction des idéologies nationalistes du XIX° siècle et du judaïsme qui  nous vaut ce dernier avatar du colonialisme qu’est l’état d’Israël. Les sionistes, en jouant sur l’ambigüité du judaïsme et de la judéité (aucun juif, aucun goy ne répond clairement à la question : les juifs sont-ils un peuple ? Ou s’agit-il d’une race ? Ou, tout bien considéré, ne serait-ce qu’une religion ? ), ont renoué avec l’idéologie de l’ancien régime, en restaurant l’idée de l’existence d’un droit divin. Il leur a suffit de remplacer le concept de monarque de droit divin par celui d’état de droit divin. Une fois admis l’idée d’une terre don de dieu à son soit disant peuple, toute contestation de cet état de fait devient impossible, est blasphématoire.

 Cette pensée est curieusement ancrée  chez les juifs athées (israéliens ou non), car elle est la seule justification à la nakba, au vol des terres. En Israël, la bible est enseignée comme un livre d'histoire (du peuple juif) !

De fait, les personnes se disant juives et ayant rompu avec le judaïsme se positionnent sur des critères raciaux.

Les juifs religieux qui sont restés cohérents  rejettent le sionisme comme une aberration du judaïsme,  (Naturei Karta).

Les juifs athées sont d'autant plus sionistes et solidaires des crimes d'Israël que leur lien avec leur judaïté ne peut plus s'exprimer par leur judaïsme (que souvent, ils abhorrent). Leur soutien inconditionnel à Israël est donc l'ultime justification d'une identité perdue. Ce sionisme est lui même cautionné par la shoah (génératrice de cette nouvelle identité), dont ils ne supportent aucun questionnement de l'histoire, d'ou les lois scélérates Fabius-Gayssot. 

 

Israël ne doit sa survie qu’au soutien des USA.(http://www.dailymotion.com/video/x1ynvko_israel-et-le-11-septembre-entretien-avec-laurent-guyenot_webcam)

Le lien qui unit ces deux pays est quasi familial. Tous les juifs qui comptent en Israël ont un pied, sinon deux, aux USA. Tous les juifs américains qui comptent ont un pied, sinon deux, en Israël. Le génocide des amérindiens par les colons européens, la bible à la main, conforte Israel dans sa volonté d'expulsion/extermination. Le parallèle entre la naissance des USA et celle d'Israël, le vol des terres, la traque de l'indigène, le déni commun des massacres, la bonne conscience religieuse, tout rapproche ces deux peuples.

Les USA soutiennent financièrement l'état d'Israël, et en retour, le lobby juif subventionne les membres du congrès qui votent le financement  d'Israël.

Le lobby américano sioniste est tout puissant, et c’est parce qu’ils ont une porte de sortie que les extrémistes sionistes n’acceptent aucune discussion réelle avec les palestiniens. D’ailleurs, ils n’ont pas d’interlocuteur, disent-ils. Et quand ils en ont un, ils le détruisent. Ils savent qu’au cas où cela tournerait vraiment mal, leur avenir est assuré ailleurs. Les palestiniens, eux, sont condamnés à rester sur place, quitte à en mourir.

Il existe toutes sortes de mouvements de solidarité avec les palestiniens (au demeurant les seuls possibles descendants réels des hébreux), revendiquant tous un attachement à une solution a deux états et affirmant qu’il n’existe d’autre solution pour construire une paix durable. Il nous faut dénoncer cette position comme un leurre, souvent motivé par la peur que l’état d’Israël soit condamné à disparaître si  aucun état palestinien n’arrive à s’imposer à ses côtés. Ainsi, par une de ces pirouettes de l’histoire, ce serait l’état embryonnaire palestinien qui cautionnerait l’existence d’Israël !

 

Il nous faut d’abord affirmer que la solution viendra des palestiniens eux-mêmes, et reconnaître que notre rôle se limite à une dénonciation sans aucun effet réel sur le conflit.

 

Il faut ensuite réaffirmer que la paix ne se construit que sur la justice.

Or la justice, quelque soit l’angle de vue, implique la disparition de l’état israélien des pages du temps :

 

- que ce soit sous l’angle de la soi-disant légalité internationale et du vote initial de l’ONU, avec ses tractations financières, ses influences occultées, ses chantages et sa corruption généralisée ;

- que ce soit sous l’angle de la courte histoire de cet état, avec ses violations du droit international, son recours systématique à la violence, au terrorisme d’état, ses crimes contre la paix, crimes de guerre, crimes contre l’humanité (répétés et revendiqués) ;

- que ce soit sous l’angle démocratique, avec son système d’apartheid, sa justice expéditive, la ségrégation des palestiniens sous-citoyens israéliens ;

- que ce soit sous un angle simplement moral, avec son affirmation d’un état raciste, d’un état juif pour les juifs ;

- que ce soit sous l’angle de la justice  internationale, avec le refus du retour des réfugiés, la colonisation ininterrompue de la Cisjordanie ;

- que ce soit sous un angle religieux, où en dernière analyse, le sionisme est une hérésie du judaïsme ;

 

Tout, je dis bien tout, nous invite à une solution à un état dans une Palestine réunie, où juifs, musulmans et chrétiens vivent en commun accord. Ceux qui, par peur, goût du pouvoir, idéologie, refuse cette réalité entrainent ce pays vers l’horreur de la guerre et le déclin. Ils peuvent partir, personne ne les retient.

Le réalisme, la realpolitik, impose cette solution.

Une solution à deux états, outre le fait qu’elle serait injuste, parce qu’elle spolierait définitivement les palestiniens, est impossible à concrétiser sans  déplacement de population dans les deux sens. 350 000 colons israéliens sont disséminés dans toute la Cisjordanie, et  1,4 million de palestiniens vivent sur le territoire israélien.

La solution à deux états ethniquement homogènes implique une épuration ethnique.

La solution d’un état pour tous, n’est pas nouvelle.

Elle faisait partie intégrante de la charte de l’OLP.

La solution à deux états est basée sur le meurtre de masse des palestiniens, leur expulsion, la destruction de leurs maisons, de leurs villages et l'épuration ethnique de tout un peuple. En un mot : la Nakba. Toute personne qui promeut cette solution en admet l'origine et se rend complice de ses auteurs. Nier ou excuser l'origine d'Israel ne peut que jeter de l'huile sur le feu.

Israël est le seul pays siégeant à l'ONU dont les frontières ne sont pas internationalement reconnues.

A ce stade, il est peut-être utile de rappeler  qu’antisionisme et antisémitisme sont deux notions incompatibles.

L’antisionisme n’est pas une critique de la politique d’Israël, mais la contestation de l’existence de cet état, la critique de son histoire officielle, de sa genèse et de ses justifications religieuses, raciales et victimaires.

L’antisémite cohérent est favorable au sionisme, car son désir le plus cher est d’expulser les juifs hors de son pays. S’ils s’expatrient d’eux-mêmes en rejoignant Israël (alyah), l’antisémite ne peut que s’en féliciter.

Le sioniste promeut l’antisémitisme, car en créant un sentiment d’insécurité chez les juifs, il accélère leur migration vers l’état d’Israël.

C’est d’ailleurs la complémentarité entre ces deux idéologies (antisémitisme et sionisme) qui a permit la convergence entre la politique nazie et les sionistes allemands durant les années trente et ce jusqu’au début de la guerre de 40.

L’antisioniste cohérent est indifférent à la présence juive dans son pays, même s’il déplore et combat l’existence d’un lobby juif prosioniste (de même que le lobby gay, le lobby militaro-industriel ou le lobby agro-alimentaire, etc).

 

 A suivre

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 16:06

REVOLUTIONNARISME/REFORMISME

 

"Agiter le peuple avant de s'en servir"

Talleyrand

 

"Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner."

Warren Buffett

 

Le mouvement de mai (68) ne fut pas une quelconque théorie politique qui cherchait ses exécutants ouvriers : ce fut le prolétariat agissant qui cherchait sa conscience théorique "

(IS)

 

"La où commence le Pouvoir finit la Révolution; la où commence l'organisation du Pouvoir finit l'organisation de la Révolution"

Voline

 

Toutes les expériences passées de révolution se sont achevées dans un bain de sang, et ont été détournées de leurs buts originels. Au vu du désastre des révolutions dites communistes, avec leurs millions de morts et l'institution de dictatures bureaucratiques, nous nous devons de n'agir qu'avec vigilance.  Si nos révoltes ont été trahies, nos espérances foulées aux pieds des récupérateurs de tout poil, c’est que notre conscience d’exister, de se révolter, n’avait pas atteint son épanouissement total, épanouissement qualitatif et quantitatif. 

 

C’est le grand enseignement des événements passés. Il nous faut rendre visible l’ignominie de notre système, le dénoncer encore et encore, afin de permettre son effondrement sur lui-même. Ce n’est que lorsque les populations seront  convaincues du bien fondé du droit  à choisir leur destin, dans tous les domaines, que nous révolutionnerons nos vies sans effusion de sang. Il est impossible de faire des concessions sur ce point. Si l’utilisation des armes s’avère nécessaire, alors il nous faudrait impérativement modifier l’essence du mouvement, qui, par la violence, démontrerait son immaturité et sa faiblesse.  

 

La  non-violence est une condition sine qua non de la réussite d’une révolution. En utilisant les armes de l’ennemi, nous nous condamnons à un échec inévitable. Non seulement parce que nous ne disposerons jamais d’un armement supérieur à l’ennemi, mais surtout parce que l’utilisation de ces armes pervertirait l’essence même du mouvement. Et si jamais ce mouvement obtenait une pauvre et partielle victoire militaire, c’est qu’il aura été meilleur boucher d’une guerre sanglante, et ce serait donc au prix d’une corruption mortelle de son idéal, de ses objectifs.

 

Cette naïveté, ce pacifisme bêlant sera notre fierté, notre étendard.

 

Il est évident que la violence dirigée contre la marchandise n'est pas une violence, mais un acte transgressif libératoire.

 

Nous sommes condamnés à la perfection dans la réflexion de notre action, et à l’exemplarité de notre action.

Nous comblerons l’apparente faiblesse du désarmement  matériel  par la mobilisation des multitudes. Car comment croire que les moyens ne conditionnent pas le but, ne sont pas intimement liés à la réussite  de l’entreprise ? Qui nous fera croire qu’il existe des maux nécessaires (les armes), des sacrifices indispensables (le martyr, la mort), sinon les idéologies du passé dont, justement, nous avons la prétention inouïe de nous débarrasser ? C’est en nous attirant sur son terrain que le vieux monde compte nous dompter, nous neutraliser.

 

Si je comprends et soutiens  les émeutes actuelles en Grande Bretagne  (2011),  nous devons bien  réaliser qu’il s’agit d’égratignures qui ne pourront en aucun cas abattre le capitalisme ; que la conscience d’être lucides, forts et nombreux n’est pas au rendez-vous, du moins pour l’instant.

 

Le mythe du grand soir, avec son cortège de souffrances, est à reléguer dans les poubelles de l’histoire. C‘est  aussi par ce mythe que l’oligarchie au pouvoir nous maintient dans un coma social profond, un fatalisme intégré, une impuissance ingérée, une aliénation assumée. Il nous faut réinventer la révolution. Adieu le vieux mythe de la révolution fomentée par une minorité éclairée, un parti d’avant-garde ; c’est par ce genre de contes que les médiats nous infantilisent, nous réduisent à l’impuissance.

Depuis peu, le révolutionarisme se pare de nouveaux atours, s'observe et s'auto-proclame "dissidence" dans un selfie masturbatoire. Ce parallèle avec la dissidence soviétique ne manque pas de sel, vu l'impuissance dont elle a fait preuve face à la bureaucratie communiste. 

Nous devons réaffirmé avec clarté et force ce qui était particulièrement bien exprimé par Marx : l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

Ce qui sous-entend que le prolétariat doit se méfier comme de la peste des élites et avant gardes de toutes sortes. Les avant gardes auto-proclamées sont condamnées à reproduire des bureaucraties et des hiérarchies dont le seul but, in fine, sera de s'approprier les bénéfices des luttes, et donc de les trahir, les assassiner. L'ultime but d'une quelconque "avant-garde" se doit d'être son auto-dissolution, la seule chance de toute révolution est la mort de la dissidence proclamée. 

 

C’est pour l’avoir oublié que les révolutions se traduisent par des bains de sang et se terminent inexorablement par des coups d’état.

 

Le réformisme ne s’oppose pas au révolutionarisme (ce qui signifie que le démocratisme spectaculaire met en scène leur opposition), ils sont complémentaires et utilisés à bon escient selon les cycles du capitalisme, laissant systématiquement les prolétaires sur le bord de la route.

Sans quoi toutes les luttes menées par nos anciens, toutes leurs pauvres victoires si chèrement obtenues, tous les acquis si chèrement payés ne signifieraient plus rien ! Nada, que couic… Bien sûr que non, c’est le démocratisme qui oppose réformisme et révolutionarisme, ce sont les mêmes qui parlementent sans fin pour 0,5 % d’augmentation un jour et renversent la table le lendemain.

Il n’y a pas de traîtres, ni de héros, il n’y a que l’expression possible des luttes en cours et leur succès, ou pas. C’est pourquoi nous revendiquons l’héritage de toutes les luttes , de tous les combats, sans rien renier la moindre miette cédée par le capital mondialisé, le démocratisme.

Toutes les réformes du démocratisme spectaculaires sont bonnes à prendre si elles améliorent si peu que ce soit les conditions de vie, mais elles sont vouées à un échec retentissant et doivent être dénoncées en tant que telles, car ne s’attaquant qu’à l’écume des apparences, ignorant superbement la réalité du démocratisme à visage (grimaçant) humain : la marchandisation de la vie.

Toutes les solidarités sont bonnes à prendre, bien que dérisoires et fatalement perdues dans l’ignoble spectacle de la charité cathodique.

Tous les appels à la citoyenneté sont respectables, bien qu’entachés structurellement par l’infamie d’une collaboration revendiquée avec le spectacle marchand.

Les tentatives de vie parallèle, en dehors du « système », sont dérisoires mais contentent un narcissisme qui nourrit les séparations en catégorisant l’humain.

 

Spéculer sur l’organisation future d’une société communiste n’a pas de sens . Personne ne sait dans le détail comment s’organisera une communauté sans marchandise et sans argent. De même que personne au moyen âge ou sous l’ancien régime n’aurait imaginé ni la complexité du système marchand, ni l’absurdité d’une économie basée sur le profit et la concurrence, de même il nous est impossible de prévoir dans le détail l’immense éventail des rapports humains qui s’offrent à nous dans une société sans argent ni travail. Tout au plus pouvons nous esquisser à grands traits les ressorts qui jailliront spontanément par cette humanité retrouvée.

Le capitalisme n’a pas été théorisé à l’avance, mais analysé au fur et à mesure de son expansion, sans qu’aucun humain ne maîtrise quoique que ce soit , ni sur sa naissance, ni sur son évolution. Chacun réagit au coup par coup, ce qui n’est évidemment pas sans influence sur le cours des choses, mais qui ne change rien à la direction historique du totalitarisme de l’expansion marchande. Un Jaurès aurait survécut, et la première guerre mondiale aurait eut lieu malgré tout, un Hitler serait mort à la première que la seconde ravageait la planète de toutes façons. Un peu plus tôt, un peu plus tard, sous une autre forme peut-être, mais tout aussi meurtrière et dévastatrice, et ce parce que toutes les conditions de la boucherie étaient réunies et que les contradictions du capital étaient mûres pour une vaste destruction marchande. Rebattre régulièrement les cartes est une nécessité, quel qu’en soit le prix. S’en suit la nécessaire idéologie justificatrice et son cortège de mensonges historiques: le démocratisme.

 

Pour que la non-violence ait une chance de réussite, il faut que les révolutionnaires soient infiniment plus nombreux que les indifférents et les contre-révolutionnaires. Seul le quantitatif assurera la non violence, et de la convergence des énergies multiples émergera le terreau indispensable au qualitatif. Seul le qualitatif nous apportera le quantitatif, car personne ne  nous rejoindra dans la médiocrité. Quantitatif et qualitatif sont indissociables, indispensable à l’invention d’une nouvelle vie.

 

Ce qu’il est convenu d’appeler le printemps arabe n’est pas encore une révolution. Si c’était le cas, aucun grand médiat n’oserait la soutenir. Les journalistes chieraient dans leur  froc, où démissionneraient immédiatement pour rejoindre le mouvement. Il s’agit au mieux de revendications, soutenues par de très traditionnelles manifestations, mais dont le petit nombre de participants (en rapport aux 80 millions d’égyptiens) ne peut assurer le succès. Dès lors, le processus qui s’ensuit mène soit au délitement progressif, soit à la violence d’une minorité toujours avide de pouvoir, et toujours susceptible d'être infiltrée et manipulée par des forces extérieures. Il convient de plus de clairement dissocier le cas de la Tunisie et de L'Egypte, où ont emergé de réels mouvements populaires, de celui de la Libye et de la Syrie, où les forces à l'oeuvre sont évidemment  armées et pilotées par des puissances aux buts non avouables : la destruction de tout régime stable dans ces contrées, l'établissement d'un  néocolonialisme par l'éclatement des peuples sur des bases religieuses ou ethniques .

 

Quelques que soient les revendications, qu’elles soient satisfaites ou non, ces manifestations ne peuvent mener à une révolution que si les manifestants s’organisent en grève générale illimitée, la seule arme de destruction massive du capitalisme, la seule arme qui associe qualité et quantité. Le seul moyen de se réapproprier notre vie, ce sont  les conseils  ouvriers, salariés qui permettront d’abolir ce système où la concurrence, la compétition, le productivisme, le profit sont les seules valeurs reconnues.

 

La grève générale illimitée n’est pas une revendication, elle est une affirmation de force,  elle est la révolution, elle est la lutte finale, elle est le bouillonnement créatif de tous  pour tous, elle est l’abolition du salariat, de l'argent, elle est la promesse d’un avenir radieux.

 

C’est pour l’avoir oublier que nous courrons d’échecs en échecs. C'est en se la réappropriant que nous volerons vers notre destin. 

 

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

 

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 15:53

Les artistes s’approprient la parole de l'humanité désabusée .

 

L'art, en tant qu'activité séparée, ne peut que célébrer la mort du vivant. 

 

Le démocratisme met en spectacle son expression, il la canalise, la contrôle, puis la magnifie, la sacralise dans les livres, les musées, et désigne au peuple quels sont les artistes qui peuvent  prétendre à une notoriété, quelles sont les œuvres qui passeront à la postérité.

 

Dans toute cette production, comme dans tout ce qui est humain, le sublime côtoie le nullissime, l’un est nécessaire à l’autre pour affirmer son existence.

 

Mais qu’ils soient vrais ou faux, c'est-à-dire reconnus ou pas, les personnes qui se disent artistes se lovent dans le système avec délectation,  et s’approprient la parole en la volant au reste de l’humanité.

  

Ce qu'on  appelle l'art primitif n'est évidemment pas de l'art. C'est une expression du sacré des communautés primitives où la vie ne connaissait pas d'activité séparée. Du sacré, nous sommes passés à l'art religieux, puis à l'art classique, pour s'engourdir dans l'art moderne, ou contemporain. Cette folle course à la marchandisation accompagne l'artiste dans son suicide créatif.

 

L'art est toujours un art officiel, l'expression de la classe dominante, produit par et pour elle. Plus il se prétend subversif, plus il se couche dans l'abjecte prostitution. L'unique possibilité pour une expression quelconque d'échapper à cette fatalité, est de s'extirper du monde de la marchandise, du spectaculaire marchand. C'est en perdant toute valeur marchande qu'une expression rejoint le vivant réel, l'humain réunifié, réalisé.

  

Les artistes défendront toujours les droits d’auteur, la propriété intellectuelle, deux notions dont le but est de s’accaparer l’expression des peuples. Ils se nourrissent de la créativité populaire, qu’ils pillent sans vergogne, pour la digérer et la recracher à leur pauvre sauce tout en réclamant des droits d’auteur. Ils se servent dans le vaste patrimoine de l’humanité, sans même le signaler, puis l’enrobent d’une soit disant modernité dans l’ultime espoir d’une reconnaissance qui ne peut être que tristement financière.

 

Ceux qui font une spécialité de s’exprimer, et prétendent en vivre, sont des usurpateurs. Ils revendiquent le monopole de la créativité, alors qu’ils ne font que restituer contre monnaie sonnante et trébuchante l’écume de leur temps, qui leur est gracieusement distribuée.

 

Leur soi-disant créativité se résume bien souvent à produire du neuf à tout prix. Notre époque est affligée d’une nouvelle maladie, l’originalisme. Comme si, pour créer, il suffisait d’être prétendument original. Les excès en tout genre auxquels nous assistons en sont la quintessence, mais ne reflète que la pauvreté d’une société qui n’a plus qu’un repère ultime, l’argent. L’argent est le seul critère objectif qui nous est proposé pour évaluer une œuvre. L’intérêt d’une quelconque production (artistique ou non) est purement culturel, subjectif. C’est pourquoi il est primordial d’organiser un marché, qui en objectivant la valeur, permettra d’une part de se faire des couilles en or, et d’autre part de rappeler aux manants que cet univers leur est inaccessible, et qu’il leur est juste demandé de payer et de se taire.

 

L’originalisme, c’est la maladie infantile du créativisme,. Ainsi sommes-nous censés nous prosterner devant le maitre du noir (Souillac) ou admirer un vieillard en train de se faire torcher le cul sur scène par son fils, puis d’en badigeonner l’image du Christ (Sur le concept du visage du fils de Dieu). Le problème n’est pas le message, l’apport qui pourrait s’exprimer dans une œuvre, quelle qu'elle soit, mais l’impérieuse nécessité de faire du jamais vu dans l’ultime espoir de rejoindre le panthéon des élus : les artistes.

 

Dans leur mépris du monde profane, les artistes ignorent la répétition du geste millénaire, qui, dans sa perfection, apportera la réelle nouveauté à l’œuvre accomplie. Bouffis d’orgueil, adorant leur propre  image, ils avancent tels des aveugles dans un monde créé par des tacherons qu’ils dédaignent.

 

La notion de plagiat est une invention des puissants, un moyen d’asservissement ; que ce soit un texte, un tableau, une musique, à partir du moment ou il est écrit, peint ou joué, il appartient au patrimoine humain et toutes et tous peuvent se l’approprier ; tout est plagiat, rien ne se perd, rien ne se crée, que ce soit dans le domaine des sciences ou de l’humain.

 

Les artistes n’ont la parole que parce que nous nous taisons. Quiconque prétend être un artiste, un créateur, tente à s’identifier au divin, et en conséquence ne conçoit les humains qui l’entourent que comme de futurs adorateurs.

Ils construisent leur univers sur la destruction de celui de leurs frères et sœurs en humanité, qu’ils bâillonnent en toute impunité, sous l’acclamation des bâillonnés eux-mêmes. Les non-artistes, réduits en esclavage par le travail, intègrent leur non créativité  comme évidente. Ils cautionnent et magnifient les « artistes » en finançant leurs œuvres grâce aux maigres revenus de leur activité salariale, par essence non créative. Ainsi, la boucle est bouclée, et que chacun garde son rôle !

 

L’élitisme, l’hermétisme sont les mamelles qui nourrissent l’artisme.

 

Il s'agit bien ici d'abattre la culture, monopole privatisé (accaparé) par les artistes, pour se réapproprier l'expression de notre humanité. La démocratisation de la culture ne signifie pas donner à tous la possibilité d'aller au théâtre comme spectateur, mais l'appropriation par tous de vivre le théâtre qu'il désire.

La culture est la négation du vivant, elle pétrifie la création, elle est le symbole du séparé qui se montre comme quintessence de l’être, elle atomise l’humain pour mieux le vitrifier.

En nous réappropriant notre vie, nous détruirons la culture en la dénonçant comme expression du capitalisme mortifère, comme marchandise à jeter car non recyclable.

Sans élite, pas de bas peuple, personne pour appeler maître un bouffi d’orgueil cachant mal son mépris pour le reste de l’humanité.

 

L’artiste moderne enrobe son discours, que sa forme soit picturale, musicale ou autre, de manière à le rendre inintelligible. Ainsi le génie jaillit du nul, et l’intelligentsia peut se pâmer et spéculer sans fin sur ces œuvres qu’un regard innocent démonte immédiatement, dénonçant la nudité du roi. Seule une œuvre hermétique conserve une chance d’être sublimée, et possède la grande qualité de pouvoir être interprétée de n’importe quelle manière, ce qui permet à tous de comprendre l’insignifiant du signifié, et de pérorer sans risque.

 

Les postulants au statut de créateurs sont nombreux et dérisoires. En quête inlassable de reconnaissance, ils se heurtent au mépris des « déjà parvenus » qui ne les conçoivent que faisant la queue pour acheter leur production, ou défiler devant leurs tristes tableaux dans les lieux spécialisés.

 

Les véritables créateurs, s’il en est, c'est-à-dire tout le monde, ne réclament ni la gloire ni l’argent, mais se satisfont du bonheur d’apporter leur pierre à l’édifice humain, c’est à dire d’apporter une nouvelle digestion de la réalité au livre de l’humanité.

 

L'art est la négation de la vie. Il est le moyen et le produit que la société spectaculaire marchande nous propose pour compenser le vol de notre humanité. Les artistes sont les vecteurs, parfois inconscients, de ce vol. 

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

Article en cours d'écriture, à suivre...

 

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Présentation

PETIT MANUEL...

Petit manuel de déstabilisation d’un régime hostile

 

1°) Être une puissance impériale

2°) Financer tout mouvement d’opposition, aussi minuscule soit-il, revendiquant une démocratie à l’occidentale.

3°) Repérer les futurs possibles leaders et organiser des stages de formation à l’agitation à leur intention

4°) Donner un retentissement international à toute manifestation de l’opposition grâce aux médiats aux ordres.

5°) Mettre en exergue la répression brutale que ne manquera pas de commettre le régime en place.

6°) Placer quelques snipers sur  les parcours des manifestants, et tirer  à la fois sur la foule et les forces de l’ordre en place.

7°) Dénoncer la barbarie de la répression.

8°) Armer clandestinement  des groupuscules étrangers extrémistes animés par une idéologie suicidaire, les appeler rebelles et combattants de la liberté.

9°) Présenter ces groupuscules comme un mouvement populaire.

10°) Organiser  aux frontières du pays des bases d’entrainement à la guérilla qui seront présentées comme  des camps de réfugiés.

11°) Organiser le blocus de toute voix dissidente par une censure de fait.

12°) Organiser des coordinations  d’opposants  dans une capitale étrangère, et n’accepter que les informations  provenant de cette source.

13°) Bombarder,  si le contexte international  le permet,  l’armée régulière, tout en affirmant qu’il s’agit de protéger la population de la répression  du  dictateur  qui menaçait de massacrer son peuple.

 

Logiquement, le pouvoir en place tombe à plus ou moins court terme, le chaos s’installe pour de longues années,  vous avez  atteint votre objectif : vous n’avez plus de pouvoir fort  face à vous, vous pouvez  piller  sans vergogne les richesses du pays, il vous suffira d’entretenir les conflits internes (ethniques, religieux…) en organisant un attentat suicide de temps en temps. Toute couverture médiatique est maintenant superflue.

Toute ressemblance avec une quelconque situation actuelle est évidemment fortuite.

La première victime d’une guerre, c’est la vérité.

 

 

Recherche

CHOMSKY ET LE 11 SEPTEMBRE

Chomsky et le 11 septembre 2001

Petite critique d’un passage de son livre :

« L’ivresse de la force »

 

 

(Cet échange d’arguments a eu lieu en septembre 2008 en réponse à un journaliste aux yeux fermés  et aux oreilles bouchées ; les critiques sont en italique, les citations de Chomsky en caractère gras. Chomsky démarre sur les théories du complot du 11/9 et leurs « adeptes »)


 

D’abord, je ne fais pas grand cas de ces théories, mais je suis assailli de lettres à leur sujet. Ce n’est pas seulement une énorme industrie, c’est une industrie assez fanatique. (…) C’est presque une sorte de fanatisme religieux.

 

Ici je ne vois pas ce qui permet à Chomsky de dire qu'il s'agit d'une industrie, ce qui sous- entend non seulement une organisation, mais aussi une rentabilité de l'entreprise. Difficile d'avancer de tels arguments sans exposer de preuves.  Pour ma part, je ne vois que des individus qui rament pour trouver un espace d'expression un peu plus élargi qu'internet. Quant au fanatisme religieux, je vous ferai  remarquer que les religieux apportent généralement  des réponses, des vérités révélées, alors que le mouvement pour la vérité  sur le 11/9 pose  surtout  des questions.  


Il faut quand  même se poser des questions. D’abord sur les preuves matérielles. Il y a des coïncidences inexpliquées, des témoignages personnels, etc., mais cela ne pèse pas lourd. On en trouve dans n’importe quel événement mondial complexe. Au sujet des preuves  matérielles, peut-on vraiment  devenir un expert  très qualifié en génie civil et mécanique en passant une heure ou deux sur Internet ?


Bien sur que non, mais personne ne le prétend.

 

Si oui, il faut dissoudre  les sections génie civil et mécanique du Massachusetts Institute of Technology. (…) Si vous croyez réellement à l’une ou  l’autre de ces preuves, c’est simple : adressez-vous à des spécialistes capables de les évaluer. Peut-être avez-vous trouvé un physicien quelque part, mais, à ma connaissance, personne n’a voulu proposer quoi que ce soit à une revue professionnelle sérieuse, soumise à la discipline de l’"examen  par les pairs".

 

Pour des avis d'experts, vous en trouverez une ribambelle (architectes, pilotes de lignes, militaires, etc.) sur reopen9/11 à cette adresse là:
http://www.reopen911.info/temoignages.html



Même sans aller jusque-là, on peut consulter les départements universitaires de génie civil et mécanique. Peut-être les membres du "mouvement pour la vérité sur le 11 septembre" pensent-ils qu’ils sont tous dans le coup ? Si le complot est vaste à ce point, on peut aussi bien l’oublier. Les adeptes du mouvement disent qu’ils ont peur. Il n’y a pas de quoi avoir peur. C’est une des positions les plus sûres pour un opposant, tous ceux qui ont un peu d’expérience en la matière vous le diront. En fait, les autorités se montrent assez tolérantes à cet égard.



Aux USA, je ne sais pas, mais en France, certainement pas. Quand ils ne sont pas tout simplement  ignorés, les "adeptes de la théorie du complot", comme vous dites, reçoivent des bordées d'injures et se font traiter d'antisémite ou de révisionniste, ce qui est très à la mode. L'antisémitisme, en France, n'est pas une opinion mais un délit, quant aux révisionnistes, ils n'ont plus droit à la parole  depuis la loi Fabius-Gayssot. Si vous voulez faire taire quelqu'un, il est bon de le traiter  d'antisémite et de révisionniste.

Ce qui nous amène à une seconde question. Pourquoi ce débat autour du 11 septembre est-il si bien toléré ? Je soupçonne le pouvoir de le voir d’un bon oeil. Il capte énormément d’énergies et les détourne des véritables crimes de l’administration, infiniment plus graves. (…) Pensons à l’invasion de l’Irak, ou au Liban. Ou à ce qu’ils font subir à la population  ouvrière des Etats-Unis. (…) Ils commettent des crimes réels, qui suscitent très peu de protestations. Une des raisons - pas la seule, bien entendu -, c’est qu’on dépense énormément d’énergie militante potentielle dans ces polémiques autour du 11 septembre  

Bien sur, on peut considérer le démontage de la propagande officielle comme anecdotique, ou comme un passe-temps sans intérêt. Ce n'est pas mon cas et cela m'étonne de la part de Chomsky. Par ailleurs, considérer que les personnes qui militent  pour une  réouverture  de l'enquête sur le 11/9 ne sont pas sensibles à d'autres sujets tels que la guerre  en Irak ou  au Liban est tout simplement faux !!!  Les deux combats sont intimement liés, le 11/9 ayant servi de prétexte aux guerres.

Du point de vue des gouvernants, c’est excellent. On donne même à ces militants du  temps d’antenne (…), on met leurs livres bien en vue dans les librairies.

Cela a été vrai pour le premier livre de Meyssan, mais c'est bien  fini. Il est aussi arrivé qu'on leur donne la parole dans un débat télévisé, à condition que le débat  soit inégal, que le présentateur coupe la parole au "truther"(c'est l'expression consacrée), et qu'il n'ait en aucun cas le temps d'exprimer une opinion cohérente face à des professionnels des médias qui le réduisent en charpie en un tour de micro. Bref, que l'on  soit  sûr de l'envoyer à l'abattoir. Bourdieu a très bien expliqué cela. 

Très tolérant, comme réaction. (…) Ce n’est pas le genre de réaction qu’on provoque quand on touche aux sujets sensibles.
(…) Et je ne crois pas que leurs preuves soient sérieuses. Ni même que ceux qui les exposent soient capables de les évaluer. Ce sont des questions techniques compliquées. On n’a pas l’air de le comprendre, mais ce n’est pas pour rien que les scientifiques font des expériences, qu’ils ne se contentent pas de filmer ce qu’ils voient par la fenêtre. Car ce qu’on voit par la fenêtre est la résultante de tant de variables qu’on  ne sait pas ce qu’on a dans cet imbroglio si complexe. On peut y trouver toutes sortes de coïncidences inexpliquées, d’apparentes violations des lois de la nature. (…) Donc, découvrir qu’il s’est passé ceci, qu’il est arrivé cela, etc., ça ne veut rien dire.

Tout est compliqué, bien  sûr, mais ce n'est pas une raison pour ne pas s'atteler à la tâche. Les scientifiques eux-mêmes se  posent des questions (
http://www.reopen911.info/dossiers/pdf/ … iciels.pdf ) 
.Par ailleurs, il existe un moyen  très simple pour le gouvernement américain de mettre fin  à la polémique: nous montrer une vidéo d'un avion se crashant sur le Pentagone. Vu le nombre de caméras l'entourant, ce ne devrait pas être trop difficile.. 


L’argument "à qui profite le 11 septembre ?" n’a guère de poids. Dans ma première interview après le 11 septembre, je crois avoir fait cette prédiction  pas particulièrement brillante : tous les pouvoirs du monde allaient  immédiatement exploiter l’événement à leurs propres fins. La Russie allait durcir ses atrocités en Tchétchénie, Israël en Cisjordanie, l’Indonésie à Aceh, et la Chine dans ses provinces occidentales. Aux Etats-Unis on s’en est servi de la façon que l’on sait, mais aussi de beaucoup d’autres, moins médiatisées.
(…) Presque tous les gouvernements ont pris des mesures pour surveiller plus étroitement leur population et ce genre de choses. L’administration Bush  l’a fait aussi. Donc, "à qui profite le crime ?" n’est pas une preuve suffisante de culpabilité.


Ce n'est pas une preuve suffisante, mais c'est un des éléments qui posent question.



L’idée même  n’est pas crédible. Pour qu’il y ait une once de vérité dans les théories sur le 11 septembre, il faudrait qu’il y ait eu un énorme complot, incluant les compagnies aériennes, les médias, la préparation des faux avions. Il aurait fallu mettre au  courant quantité de gens dans l’administration. Ils ne s’en seraient jamais tirés. Même une dictature n’aurait pas pu. C’est une opération vraiment risquée.



Ce qui aurait été très compliqué pour un gouvernement, ou un service émanant de ce gouvernement, ou une partie d'un service émanant de ce gouvernement, serait donc très simple pour quelques terroristes d'Al Qaeda débarqués tout droit de leurs grottes afghanes ? Je vous rappelle que parmi les nombreux mensonges de l'administration Bush, on nous avait promis un repaire de Ben Laden bourré d'électronique hypersophistiquée, et qu'à la finale, il n'y avait rien.



La probabilité d’une fuite est très élevée : ça se serait su tout de suite. Et la moindre fuite aurait aligné tous les dirigeants devant le peloton d’exécution, et sonné  le glas du Parti républicain à jamais. Et pour gagner quoi ? Un prétexte pour faire ce qu’ils auraient fait de toute manière, sous un autre prétexte qu’ils auraient pu trouver".



Le problème de nos prétendues  démocraties occidentales, c'est qu'elles ont besoin d'un minimum d'adhésion des populations pour partir en guerre. Et effectivement, le terrorisme sous fausse bannière est un des moyens d'obtenir cette adhésion.

 

" Les théories sur le 11 septembre (…) exercent le même attrait que le fondamentalisme religieux. (…) Il y a des gens qui n’aiment pas ce qui se passe, qui ont vécu des moments très difficiles, n’ont confiance en personne, et qui n’ont aucun moyen de réagir. Alors ils se raccrochent à quelque chose. Et Internet a un effet pervers. Si c’est un outil merveilleusement efficace pour obtenir des informations, pour l’action politique, pour toutes sortes de choses, il a cependant un gros inconvénient : n’importe qui peut lancer une théorie sur un blog ; cela n’a pratiquement aucun poids, mais ensuite cinq personnes la lisent, et très vite elle entre en croissance exponentielle, jusqu’à devenir une énorme industrie qui s’auto-alimente. Des industries de ce type, il y en a à foison.



De l'avantage et des inconvénients de ce merveilleux outil qu'est  internet.



(…) Je reçois une avalanche d’e-mails. Et une grande part, plusieurs par jour, envoyés par des gens honnêtes et sincères, me demandent : "Dites-moi ce que je peux faire". Les auteurs de ces courriers appartiennent pour la plupart aux milieux aisés, privilégiés. Ils ne sont pas richissimes, mais assez aisés pour s’asseoir à une table un soir et écrire une lettre à quelqu’un. Dans les pays du tiers-monde les habitants ne vous demandent pas : "Dites-moi ce que je peux faire", ils vous disent ce qu’ils font. Mais, là où les populations sont infiniment plus libres, les gens posent toujours cette question : "Que puis-je faire ?" Et un jour ils se disent : Ah, voilà ce que je peux faire : devenir en une heure ingénieur qualifié en génie civil et prouver que c’est Bush qui a fait sauter les tours jumelles.



Certes, le sentiment d'impuissance est organisé, mais que les gens honnêtes réagissent et sortent de cet état léthargique qui convient si bien au pouvoir, c'est tant mieux. Si la manière dont ils le font ne convient pas à Chomsky, c'est désolant, mais cela ne change rien au fond du problème qui n'est pas, y a-t-il eu complot, car il y a forcément eu complot, mais quels en sont les organisateurs ?



Je suis sûr qu’à Washington ils applaudissent des deux mains. (…)"



Ca, c'est moins sûr. Mais je ne doute  pas de la capacité du pouvoir à digérer le mouvement pour la vérité sur le 11/9. C'est la particularité du capitalisme de produire des forces qui travaillent à sa destruction, et de les récupérer pour mieux se renforcer.  Je pense que la plupart des actes dits terroristes sont téléguidés par les Etats qui y puisent de grands profits. Evidemment, il y a des chances que ces terroristes s'autonomisent et échappent au contrôle des Etats, mais à la finale, les services spécialisés arrivent à retourner la situation à leur avantage. L'histoire ancienne et récente nous en fournit de multiples exemples. Il se peut aussi que les services spécialisés s'autonomisent et échappent au contrôle du pouvoir politique, et c'est sans doute ce qui s'est passé le 11/9. Ah, nous vivons un monde compliqué. Voilà résumé en quelques lignes ma lecture des événements, on pourrait écrire des bouquins dessus, d'ailleurs c'est déjà fait, il n'y a qu'à tendre la main pour les trouver. Je crois que Chomsky a mal analysé  la situation  au départ  et  qu’il  se débat  dans une position  qui  n’est pas tenable, prendre  ses distances avec la version  officielle  tout en rejetant les arguments qui la critiquent.. 

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