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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 18:14

 Le sexisme est l’idéologie la plus pernicieuse, la plus difficile à débusquer qui soit. Elle a tellement imprégné nos mentalités, elle s’insinue dans tous les plis et replis de notre cerveau, de notre  perception du monde, elle fait tellement partie de notre personnalité qu’il est  impossible d’en déjouer seul les pièges, ni même d’en percevoir les méandres sans l’appui de l’autre sexe. C’est pourtant l’idéologie mère de tous nos malheurs, celle qu’il nous faudra abattre impérativement si nous ne voulons pas tomber dans les pièges qui jalonnent le chemin.

Le langage, évidemment symptomatique, est le premier obstacle qui cogne à la porte.

 L’affirmation qu’une femme meurt tous les trois jours (dans notre beau pays de France) sous les coups d’un homme ne surprend personne, tout le monde s’en fout. Si j'affirme que deux enfants meurent par jour sous les coups de ses parents, tous nos beaux esprits, représentant l’intelligentsia triomphante s’en battent le coquillard. On en parle une fois par an, pour bien aseptiser le problème,  et c’est tout. Il s’agit pourtant d’un véritable phénomène de société, terriblement révélateur de notre manière d’envisager la relation homme-femme, adulte-enfant qui est  la base de l’humanité en devenir.

Et ce n’est pas rien.

Si on approfondissait l’analyse, si on additionnait les chiffres des incestes, des viols, des actes de pédophilie à ceux de ces meurtres et différents actes de violence, la réalité de notre triste sexualité nous sauterait au visage. Les remises en questions de cette malheureuse virilité seraient telles que nous ne pourrions plus envisager le monde sur les bases d’un tel massacre. Quant au silence autour de ce massacre, lui aussi est révélateur.

La remise en question personnelle est si complexe, si étendue, que l’un(e) n’ira pas (ne pourra pas aller) sans l’autre.

Il ne s’agit pas là du bête machisme mille fois dénoncé, ni de la prétention de la femme à être l’égale de l’homme dans tous les domaines, revendication bien naïve et faussement  radicale. Comment la femme pourrait-elle atteindre ce but dans un monde créé par l’homme et pour l’homme, sinon en niant sa spécificité. Ces femmes alibis, ayant par avance renoncé à leur véritable identité, quel résultat peuvent-elles espérer, sinon le piètre spectacle que nous offre les femmes travelos qui parsèment les conseils d’administrations, les centres de décisions qu’ils soient politiques, économiques ou autres. Et ce but est-il réellement enviable, lorsque l’on observe la catastrophe qui nous submerge ? 

Il s’agit de l’épanouissement de l’homme et de la femme dans une complémentarité assumée.

C’est dans le lit qu’il faut fouiller, c’est dans le comportement sexuel qu’il faut enquêter, pour enfin comprendre cette soif de puissance jamais assouvie de l’homme. Cette peur de ne pas être à la hauteur, comme s’il y avait une hauteur, qui mène l’homme à combattre des moulins à vent. Cette soif de pouvoir, qui se transforme en soif de mort, dans la crainte éternelle de ne pas bander, d’être trop court, trop flasque, et finalement ridiculement peu viril.

C’est précisément la remise en question des hommes, parce qu’ils sont dominants, qu’il faut mettre en exergue. Impossible de mettre l’oppresseur et l’oppressée dans le même sac, même si l’oppressée est, en dernière analyse, complice de son oppression.

Car enfin, ce sont les hommes qui mènent le monde (à sa perte), ce sont les hommes qui font la guerre (militaire ou économique), ce sont eux qui tuent, violent et torturent sans relâche depuis des siècles. Cela ne mériterait-il pas une petite remise en question ?

Qu’est-ce que les hommes ont à apprendre des femmes ? Rien de bien extraordinaire, mais tout d’essentiel. Si l’énergie, la puissance des hommes communiaient avec l’intelligence, l’ouverture, la volonté des femmes, l’avenir serait à portée de main. Si l’homme est dans le perpétuel déni de la part féminine de son humanité, aucun dialogue véritable ne sera possible.

 

C’est avec condescendance, nuancée d’une pincée d’admiration, que la société accepte les écarts sexuels de notre soi-disant élite, que ce soit la consommation de prostituées (Strauss-Kahn), les pratiques pédophiles  (Frédérique Mitterrand, Jack Lang), pour ne parler que des derniers scandales qui ont émergé. La mafia tient les réseaux pédophiles, les utilise pour corrompre et faire chanter les  politiques, dans un vaste système d’influence et de pouvoir. La loi du silence, la corruption, l'intimidation et la connivence font le reste.

Si un homme, quelle que soit sa fonction, considère son désir du corps de la femme comme une priorité sur la relation qu’ils pourraient instaurer,  alors tout est faussé, tout est perdu. Comment peut-il, s’il refuse d’envisager une communication véritable avec la femme, quelles que soient les remises en cause pour y parvenir, prétendre s’occuper des affaires du monde sans enclencher de catastrophes, alors qu'il est incapable d'entrer en relation avec la moitié de l'humanité ?  S’il n’a pas atteint ce minimum de connaissance de soi, qui lui permette une réelle relation à l’autre (sexe), il sera incapable de s’appuyer sur d’autres valeurs que celles qu’on lui a insufflées depuis son  plus jeune âge, c'est-à-dire la domination, la force, et l’humiliation du subordonné, de peur de se retrouver un jour à sa place, valeurs souvent intériorisées par répétition d’un vécu traumatisant. Car la domination, quelle qu'elle soit, est motivée par la peur non dite d’être dominé, puisqu’il n’existe soit disant pas d’alternatives.

La compréhension du fait que le désir masculin est un désir masculin, et non pas féminin, est un préalable pour tout progrès de notre société. Que la femme ose afficher sa différence à la face de l’homme sera un premier pas pour notre mutuelle compréhension. Que l’homme accepte cette différence lui permettra de dépasser le conditionnement millénaire subit, et la réalisation pleine et entière de sa masculinité. Que la femme refuse de  plier, qu’elle assume sa féminité comme essentielle dans son rapport à l’homme, c’est à dire qu’elle sorte de la dualité « mère ou putain », qu’elle dénonce la soumission aux fantasmes masculins au lieu de la  revendiquer comme signe extérieur de libération, et notre société basculera vers un avenir enfin apaisé.

Nous en sommes loin.

La femme, dans son désir d’exister, singe l’homme. Au déferlement du porno répond le voile islamique. L’homme, devant la perte de ses repères traditionnels, s’égare dans une sexualité qu’il retourne sur lui-même (homosexualité).

Tant de luttes et de souffrances féminines doivent-elles nécessairement aboutir à une équipe de football en jupons ?

 

 

La femme, en mimant l’homme, en cherchant à faire son trou dans le système actuel, court après un leurre sans espoir. Soit elle « réussit» dans son entreprise et elle est condamnée à se renier, soit elle se heurte à l’impossibilité de concurrencer l’homme sur son terrain. Dans les deux cas, la trajectoire est court-circuitée, avortée. Le drame vient du fait que le système capitaliste, en s’appropriant ces combats légitimes, les dénature, les vide de toute substance afin de mieux brandir sa victoire à nos yeux incrédules. Le piège, mille fois répétés, fonctionne encore et encore.

Dominant dominé, couple infernal à la dynamique de mort, peur du pénis toujours trop mou dans une compétition sexuelle omniprésente, dictature du plaisir affiché, tous ces concepts nous mènent à refuser l’ouverture nécessaire à l’autre.

Les soi-disant révolutions sexuelles, la  soi-disant libération de la femme sont des leurres dans lesquels toute une génération s’est vautrée. La pilule, prétendument conquête de la femme, a en finalité rendu la femme perpétuellement accessible au désir de l’homme, consommable à merci, en supprimant les contraintes dues aux  grossesses non désirées.  Le piège s’est refermé sur elle en la culpabilisant. Ainsi, celle qui se refuse ne peut être qu’une triste  mégère, désespérément frigide. Voilà la marque infamante, la tare moderne : ne pas répondre ipso facto au désir de l’homme, le petit doigt sur la couture du pantalon, dernier avatar d’une libération affichée, mais insignifiante. L’accusation infamante de « fille mère » a été remplacée avantageusement par celle de « peine à jouir » ! L’accusation évite à l’accusateur toute remise en cause, et surtout elle élève encore un peu plus le mur qui sépare homme et femme.

Cette affirmation publique et obligatoire de la jouissance, sous peine de non existence, explose les frontières de la pudeur, valeur qui se voit taxée de ringarde et réactionnaire. Dans son désir de s’affranchir des tabous, l’idéologie de la libération sexuelle confond exhibition et libération. Dans sa volonté d’éradiquer toute discrimination, elle nivelle tout dans une infâme bouillie, exposant aux yeux de tous ce qui relève de l’intime, répétant à l’infini une sexualité mécanique, sans sens et sans saveur,  condamnée à l’insatisfaction, à la poursuite effrénée d'un orgasme à jamais inassouvi.

La séparation, la désunion des sexes fait parti de la stratégie du démocratisme. Après avoir longtemps organiser la domination de l’homme sur la femme, le capitalisme a fait mine de libérer les femmes de ce joug en les mettant au boulot, c'est-à-dire en les exploitant, mais sans renoncer à diviser pour régner par un salaire moindre que celui des hommes.

Les révoltes des femmes se refermant sur les mollets du démocratisme, le machisme de papa est abandonné, puis condamné, pour être remplacé par l’indistinction des sexes, nouvelle façade de cette idéologie des séparations. L’indistinction sexuelle, agrémenté de « théories du genre », ouvre de nouveaux marchés, donc de nouveaux profits, tels ceux de la procréation artificielle, ce qui réprésente un achèvement dans la réification de l’humain, tout en déstructurant définitivement la psyché de l’individu et ce qui restait de la communauté humaine . Comme toujours, la réussite de l’entreprise dépend de l’identification du populo aux idées nouvelles, ce qui est assuré par un bombardement de propagande promotionnel de l’homosexualité, puis de la transsexualité, pour enfin aboutir en apothéose dans l’intersexualité

 

Le sexisme nouveau est arrivé ! Le machisme est mort, vive la théorie des genres !  La confusion des sexes, le refus de leur spécificité, avec ses contraintes, ses exigences et ses potentialités infinies, sont la nouvelle parure d’un sexisme mortifère. La négation et le rejet de la différence trouvent leurs  racines dans les ersatz des plus lointaines civilisations (la bible et son refus de l’altérité, le rejet des autres par une classification divine du pur et de l’impur, du sacré et du profane, du souillé et de l’immaculé…). Les nouvelles idéologies, parées du voile des droits égaux pour tous, nient toute différence comme étant discriminatoire au lieu de les appréhender comme une richesse. C’est ce refus de la réalité, des faits têtus, qui entraîne toute une génération dans l’apologie de l’homosexualité, puis de la transsexualité, (après un court passage de la revendication du droit à la sexualité des enfants, c'est-à-dire de la pédophilie ou du droit des adultes à abuser des enfants, passage finalement dénoncé comme l’un des pires crimes modernes) et d’ériger en tabou toute critique de ce nouveau modèle.

  La théorie du genre, dans sa volonté d’abolir les stéréotypes sexuels, lutte idéologiquement contre un réflexe naturel chez tout être humain : voir sa progéniture dans un accomplissement de son humanité, dans la réalisation de ses manques et la correction de ses erreurs, et non pas dans un bouleversement de son essence. En ayant la prétention d’effacer un conditionnement séculaire, en prétendant accéder à une éducation sans tabous, offrant le choix à l’enfant entre le vide et le néant, dissociant sexe et genre, cette théorie détruit tout repère et déstructure les fondements mêmes de sa personnalité. L’enfant, face à un panel de possibilités toutes équivalentes, informelles et indistinctes, se trouve dans l’impossibilité de se construire, et de s’affirmer dans la contestation des valeurs que lui inculquait l’éducation traditionnelle. Cette contestation, particulièrement aiguisée pendant l’adolescence, est paradoxalement indispensable à l’assimilation et au dépassement générationnel de ces valeurs. Pour pouvoir développer son sens critique, il est nécessaire d’avoir quelque chose à critiquer, ce dont lui prive le nouveau modèle proposé à l’enfant : ordre sans hiérarchie (de maître à élève, etc), sans distinction (entre père et mère, homme et femme, etc). Modèle non ordonné, où tout se mélange, tout se vaut et tout est flou, sans saveurs et sans points d’accroche. Ici se situe l’idéal du nouvel humain déshumanisé, dans l’affirmation qu’un père vaut une mère (et vice versa) au nom de l’égalité des droits. L’égalitarisme, l’interdiction discriminatoire, engendre un totalitarisme indifférencié et accompagne ce que Debord appelle le capitalisme spectaculaire marchand diffus.


 

Le rejet des tabous se vit et se montre comme libérateur, mais il n'est jamais accompagné d'une réflexion sur le pourquoi de ce tabou, d'une compréhension de ses rouages cachés, ce qui est pourtant le point de départ d'un véritable dépassement de cet ancien code moral, qui demande effectivement une réinterprétation régénérative. Le déni du lien entre enfantement et maternité, la revendication du lobby homosexuel à l’homoparentalité, outre qu’il propose aux  yeux de tous un modèle de société sans futur possible, ne tient aucun compte du droit des enfants à une éducation sexuellement différenciée (ou plus simplement à une mère et un père), ni des devoirs (revendiqués ou non) de la mère et du père envers l’enfant. Quand la confusion des esprits est organisée au point de défendre le « droit à l’enfant » pour les couples homosexuels comme une conquête sociale, une revendication à l’égalité des droits, le but ultime de suppression des repères, de déshumanisation,  de marchandisation des corps n’est  pas loin d’être atteint. Quand la science permet à l’homme de s’affranchir de l’autre sexe pour se reproduire,  ce sont les fondations  de l’humanité qui sont mises en question. 

Il est fort possible que le démocratisme, dans un ultime spasme, réunifie  hommes et femmes en gommant leurs différences, niant leur spécificité dans l"unité factice du genre.  Triste humanité hyper sexualisée,  mais monochrome et indifférenciée.

La reproduction par clonage, la sélection des fœtus, gamètes et autres achèvent le processus de marchandisation du corps humain, toujours sous le couvert de la liberté individuelle et du droit à l’égalité. Dans son projet global d'extension de la marchandise, le capitalisme pourchasse tout espace de gratuité,de solidarité où l'argent ne trouve pas sa place. En cela, la famille, en tant qu'un des derniers bastions de rapports non marchands, doit être disloquée, puis détruite.

 Les projets d’humanité améliorée portent en eux l’eugénisme, comme le capital porte en lui la guerre. L’élite mondialiste, dans son délire d’auto-reproduction contrôlée,  sera un jour ou l’autre confrontée à la masse des humains ordinaires et ingérables. La solution qu’elle adoptera, si nous la laissons faire, ne saurait être indolore.

 

 

 

 Au commencement, Dieu le père avait des couilles… et la vierge n’en menait pas large.  Ainsi donc, après des siècles d'intrusion des religions dans la sexualité, de tentative de contrôle et de répression de cette force vitale par un code moralisateur, nous voilà face à un nouvel  impératif : jouir sans entraves; et surtout afficher cette jouissance. En séparant le sexe et l’amour, la sexualité est réduite à une performance, elle est astreinte au résultat et elle rentre dans la sphère économique. En s’affichant au regard de tous, elle impose des normes, tout en revendiquant le franchissement des tabous. La poursuite du plaisir pour le plaisir, en appauvrissant la relation à un acte purement mécanique crée automatiquement la frustration, réclame toujours plus de sexe dans un tourbillon où la satisfaction est inatteignable..

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

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Présentation

PETIT MANUEL...

Petit manuel de déstabilisation d’un régime hostile

 

1°) Être une puissance impériale

2°) Financer tout mouvement d’opposition, aussi minuscule soit-il, revendiquant une démocratie à l’occidentale.

3°) Repérer les futurs possibles leaders et organiser des stages de formation à l’agitation à leur intention

4°) Donner un retentissement international à toute manifestation de l’opposition grâce aux médiats aux ordres.

5°) Mettre en exergue la répression brutale que ne manquera pas de commettre le régime en place.

6°) Placer quelques snipers sur  les parcours des manifestants, et tirer  à la fois sur la foule et les forces de l’ordre en place.

7°) Dénoncer la barbarie de la répression.

8°) Armer clandestinement  des groupuscules étrangers extrémistes animés par une idéologie suicidaire, les appeler rebelles et combattants de la liberté.

9°) Présenter ces groupuscules comme un mouvement populaire.

10°) Organiser  aux frontières du pays des bases d’entrainement à la guérilla qui seront présentées comme  des camps de réfugiés.

11°) Organiser le blocus de toute voix dissidente par une censure de fait.

12°) Organiser des coordinations  d’opposants  dans une capitale étrangère, et n’accepter que les informations  provenant de cette source.

13°) Bombarder,  si le contexte international  le permet,  l’armée régulière, tout en affirmant qu’il s’agit de protéger la population de la répression  du  dictateur  qui menaçait de massacrer son peuple.

 

Logiquement, le pouvoir en place tombe à plus ou moins court terme, le chaos s’installe pour de longues années,  vous avez  atteint votre objectif : vous n’avez plus de pouvoir fort  face à vous, vous pouvez  piller  sans vergogne les richesses du pays, il vous suffira d’entretenir les conflits internes (ethniques, religieux…) en organisant un attentat suicide de temps en temps. Toute couverture médiatique est maintenant superflue.

Toute ressemblance avec une quelconque situation actuelle est évidemment fortuite.

La première victime d’une guerre, c’est la vérité.

 

 

Recherche

CHOMSKY ET LE 11 SEPTEMBRE

Chomsky et le 11 septembre 2001

Petite critique d’un passage de son livre :

« L’ivresse de la force »

 

 

(Cet échange d’arguments a eu lieu en septembre 2008 en réponse à un journaliste aux yeux fermés  et aux oreilles bouchées ; les critiques sont en italique, les citations de Chomsky en caractère gras. Chomsky démarre sur les théories du complot du 11/9 et leurs « adeptes »)


 

D’abord, je ne fais pas grand cas de ces théories, mais je suis assailli de lettres à leur sujet. Ce n’est pas seulement une énorme industrie, c’est une industrie assez fanatique. (…) C’est presque une sorte de fanatisme religieux.

 

Ici je ne vois pas ce qui permet à Chomsky de dire qu'il s'agit d'une industrie, ce qui sous- entend non seulement une organisation, mais aussi une rentabilité de l'entreprise. Difficile d'avancer de tels arguments sans exposer de preuves.  Pour ma part, je ne vois que des individus qui rament pour trouver un espace d'expression un peu plus élargi qu'internet. Quant au fanatisme religieux, je vous ferai  remarquer que les religieux apportent généralement  des réponses, des vérités révélées, alors que le mouvement pour la vérité  sur le 11/9 pose  surtout  des questions.  


Il faut quand  même se poser des questions. D’abord sur les preuves matérielles. Il y a des coïncidences inexpliquées, des témoignages personnels, etc., mais cela ne pèse pas lourd. On en trouve dans n’importe quel événement mondial complexe. Au sujet des preuves  matérielles, peut-on vraiment  devenir un expert  très qualifié en génie civil et mécanique en passant une heure ou deux sur Internet ?


Bien sur que non, mais personne ne le prétend.

 

Si oui, il faut dissoudre  les sections génie civil et mécanique du Massachusetts Institute of Technology. (…) Si vous croyez réellement à l’une ou  l’autre de ces preuves, c’est simple : adressez-vous à des spécialistes capables de les évaluer. Peut-être avez-vous trouvé un physicien quelque part, mais, à ma connaissance, personne n’a voulu proposer quoi que ce soit à une revue professionnelle sérieuse, soumise à la discipline de l’"examen  par les pairs".

 

Pour des avis d'experts, vous en trouverez une ribambelle (architectes, pilotes de lignes, militaires, etc.) sur reopen9/11 à cette adresse là:
http://www.reopen911.info/temoignages.html



Même sans aller jusque-là, on peut consulter les départements universitaires de génie civil et mécanique. Peut-être les membres du "mouvement pour la vérité sur le 11 septembre" pensent-ils qu’ils sont tous dans le coup ? Si le complot est vaste à ce point, on peut aussi bien l’oublier. Les adeptes du mouvement disent qu’ils ont peur. Il n’y a pas de quoi avoir peur. C’est une des positions les plus sûres pour un opposant, tous ceux qui ont un peu d’expérience en la matière vous le diront. En fait, les autorités se montrent assez tolérantes à cet égard.



Aux USA, je ne sais pas, mais en France, certainement pas. Quand ils ne sont pas tout simplement  ignorés, les "adeptes de la théorie du complot", comme vous dites, reçoivent des bordées d'injures et se font traiter d'antisémite ou de révisionniste, ce qui est très à la mode. L'antisémitisme, en France, n'est pas une opinion mais un délit, quant aux révisionnistes, ils n'ont plus droit à la parole  depuis la loi Fabius-Gayssot. Si vous voulez faire taire quelqu'un, il est bon de le traiter  d'antisémite et de révisionniste.

Ce qui nous amène à une seconde question. Pourquoi ce débat autour du 11 septembre est-il si bien toléré ? Je soupçonne le pouvoir de le voir d’un bon oeil. Il capte énormément d’énergies et les détourne des véritables crimes de l’administration, infiniment plus graves. (…) Pensons à l’invasion de l’Irak, ou au Liban. Ou à ce qu’ils font subir à la population  ouvrière des Etats-Unis. (…) Ils commettent des crimes réels, qui suscitent très peu de protestations. Une des raisons - pas la seule, bien entendu -, c’est qu’on dépense énormément d’énergie militante potentielle dans ces polémiques autour du 11 septembre  

Bien sur, on peut considérer le démontage de la propagande officielle comme anecdotique, ou comme un passe-temps sans intérêt. Ce n'est pas mon cas et cela m'étonne de la part de Chomsky. Par ailleurs, considérer que les personnes qui militent  pour une  réouverture  de l'enquête sur le 11/9 ne sont pas sensibles à d'autres sujets tels que la guerre  en Irak ou  au Liban est tout simplement faux !!!  Les deux combats sont intimement liés, le 11/9 ayant servi de prétexte aux guerres.

Du point de vue des gouvernants, c’est excellent. On donne même à ces militants du  temps d’antenne (…), on met leurs livres bien en vue dans les librairies.

Cela a été vrai pour le premier livre de Meyssan, mais c'est bien  fini. Il est aussi arrivé qu'on leur donne la parole dans un débat télévisé, à condition que le débat  soit inégal, que le présentateur coupe la parole au "truther"(c'est l'expression consacrée), et qu'il n'ait en aucun cas le temps d'exprimer une opinion cohérente face à des professionnels des médias qui le réduisent en charpie en un tour de micro. Bref, que l'on  soit  sûr de l'envoyer à l'abattoir. Bourdieu a très bien expliqué cela. 

Très tolérant, comme réaction. (…) Ce n’est pas le genre de réaction qu’on provoque quand on touche aux sujets sensibles.
(…) Et je ne crois pas que leurs preuves soient sérieuses. Ni même que ceux qui les exposent soient capables de les évaluer. Ce sont des questions techniques compliquées. On n’a pas l’air de le comprendre, mais ce n’est pas pour rien que les scientifiques font des expériences, qu’ils ne se contentent pas de filmer ce qu’ils voient par la fenêtre. Car ce qu’on voit par la fenêtre est la résultante de tant de variables qu’on  ne sait pas ce qu’on a dans cet imbroglio si complexe. On peut y trouver toutes sortes de coïncidences inexpliquées, d’apparentes violations des lois de la nature. (…) Donc, découvrir qu’il s’est passé ceci, qu’il est arrivé cela, etc., ça ne veut rien dire.

Tout est compliqué, bien  sûr, mais ce n'est pas une raison pour ne pas s'atteler à la tâche. Les scientifiques eux-mêmes se  posent des questions (
http://www.reopen911.info/dossiers/pdf/ … iciels.pdf ) 
.Par ailleurs, il existe un moyen  très simple pour le gouvernement américain de mettre fin  à la polémique: nous montrer une vidéo d'un avion se crashant sur le Pentagone. Vu le nombre de caméras l'entourant, ce ne devrait pas être trop difficile.. 


L’argument "à qui profite le 11 septembre ?" n’a guère de poids. Dans ma première interview après le 11 septembre, je crois avoir fait cette prédiction  pas particulièrement brillante : tous les pouvoirs du monde allaient  immédiatement exploiter l’événement à leurs propres fins. La Russie allait durcir ses atrocités en Tchétchénie, Israël en Cisjordanie, l’Indonésie à Aceh, et la Chine dans ses provinces occidentales. Aux Etats-Unis on s’en est servi de la façon que l’on sait, mais aussi de beaucoup d’autres, moins médiatisées.
(…) Presque tous les gouvernements ont pris des mesures pour surveiller plus étroitement leur population et ce genre de choses. L’administration Bush  l’a fait aussi. Donc, "à qui profite le crime ?" n’est pas une preuve suffisante de culpabilité.


Ce n'est pas une preuve suffisante, mais c'est un des éléments qui posent question.



L’idée même  n’est pas crédible. Pour qu’il y ait une once de vérité dans les théories sur le 11 septembre, il faudrait qu’il y ait eu un énorme complot, incluant les compagnies aériennes, les médias, la préparation des faux avions. Il aurait fallu mettre au  courant quantité de gens dans l’administration. Ils ne s’en seraient jamais tirés. Même une dictature n’aurait pas pu. C’est une opération vraiment risquée.



Ce qui aurait été très compliqué pour un gouvernement, ou un service émanant de ce gouvernement, ou une partie d'un service émanant de ce gouvernement, serait donc très simple pour quelques terroristes d'Al Qaeda débarqués tout droit de leurs grottes afghanes ? Je vous rappelle que parmi les nombreux mensonges de l'administration Bush, on nous avait promis un repaire de Ben Laden bourré d'électronique hypersophistiquée, et qu'à la finale, il n'y avait rien.



La probabilité d’une fuite est très élevée : ça se serait su tout de suite. Et la moindre fuite aurait aligné tous les dirigeants devant le peloton d’exécution, et sonné  le glas du Parti républicain à jamais. Et pour gagner quoi ? Un prétexte pour faire ce qu’ils auraient fait de toute manière, sous un autre prétexte qu’ils auraient pu trouver".



Le problème de nos prétendues  démocraties occidentales, c'est qu'elles ont besoin d'un minimum d'adhésion des populations pour partir en guerre. Et effectivement, le terrorisme sous fausse bannière est un des moyens d'obtenir cette adhésion.

 

" Les théories sur le 11 septembre (…) exercent le même attrait que le fondamentalisme religieux. (…) Il y a des gens qui n’aiment pas ce qui se passe, qui ont vécu des moments très difficiles, n’ont confiance en personne, et qui n’ont aucun moyen de réagir. Alors ils se raccrochent à quelque chose. Et Internet a un effet pervers. Si c’est un outil merveilleusement efficace pour obtenir des informations, pour l’action politique, pour toutes sortes de choses, il a cependant un gros inconvénient : n’importe qui peut lancer une théorie sur un blog ; cela n’a pratiquement aucun poids, mais ensuite cinq personnes la lisent, et très vite elle entre en croissance exponentielle, jusqu’à devenir une énorme industrie qui s’auto-alimente. Des industries de ce type, il y en a à foison.



De l'avantage et des inconvénients de ce merveilleux outil qu'est  internet.



(…) Je reçois une avalanche d’e-mails. Et une grande part, plusieurs par jour, envoyés par des gens honnêtes et sincères, me demandent : "Dites-moi ce que je peux faire". Les auteurs de ces courriers appartiennent pour la plupart aux milieux aisés, privilégiés. Ils ne sont pas richissimes, mais assez aisés pour s’asseoir à une table un soir et écrire une lettre à quelqu’un. Dans les pays du tiers-monde les habitants ne vous demandent pas : "Dites-moi ce que je peux faire", ils vous disent ce qu’ils font. Mais, là où les populations sont infiniment plus libres, les gens posent toujours cette question : "Que puis-je faire ?" Et un jour ils se disent : Ah, voilà ce que je peux faire : devenir en une heure ingénieur qualifié en génie civil et prouver que c’est Bush qui a fait sauter les tours jumelles.



Certes, le sentiment d'impuissance est organisé, mais que les gens honnêtes réagissent et sortent de cet état léthargique qui convient si bien au pouvoir, c'est tant mieux. Si la manière dont ils le font ne convient pas à Chomsky, c'est désolant, mais cela ne change rien au fond du problème qui n'est pas, y a-t-il eu complot, car il y a forcément eu complot, mais quels en sont les organisateurs ?



Je suis sûr qu’à Washington ils applaudissent des deux mains. (…)"



Ca, c'est moins sûr. Mais je ne doute  pas de la capacité du pouvoir à digérer le mouvement pour la vérité sur le 11/9. C'est la particularité du capitalisme de produire des forces qui travaillent à sa destruction, et de les récupérer pour mieux se renforcer.  Je pense que la plupart des actes dits terroristes sont téléguidés par les Etats qui y puisent de grands profits. Evidemment, il y a des chances que ces terroristes s'autonomisent et échappent au contrôle des Etats, mais à la finale, les services spécialisés arrivent à retourner la situation à leur avantage. L'histoire ancienne et récente nous en fournit de multiples exemples. Il se peut aussi que les services spécialisés s'autonomisent et échappent au contrôle du pouvoir politique, et c'est sans doute ce qui s'est passé le 11/9. Ah, nous vivons un monde compliqué. Voilà résumé en quelques lignes ma lecture des événements, on pourrait écrire des bouquins dessus, d'ailleurs c'est déjà fait, il n'y a qu'à tendre la main pour les trouver. Je crois que Chomsky a mal analysé  la situation  au départ  et  qu’il  se débat  dans une position  qui  n’est pas tenable, prendre  ses distances avec la version  officielle  tout en rejetant les arguments qui la critiquent.. 

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