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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 18:56

MEDIATISME

 

Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est à dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible (...)

Patrick Le Lay

 

« Lorsque la vérité est remplacée par le silence, le silence devient un mensonge ». 

 Yevtushenko
 
 

"Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images."

Guy Debord

 

Les mediat seront affublés d'un "t" en hommage à la Vieille Taupe.   

Le médiatisme est un des nombreux masques du démocratisme.

Le démocratisme proclame haut et fort qu’il ne peut se passer d’une presse libre, alors qu’il fait tout pour la contrôler, que ce soit par la concentration des pouvoirs, la formation et le cadrage des journalistes, l’inféodation à la publicité et à l’argent roi.

La croyance en une liberté de la presse a été pulvérisée par l’arrivée d’internet, qui remet les pendules à l’heure en permettant à tout un chacun de s’exprimer à la face du monde. L’illusion d’une presse libre est passée à la moulinette de la révolution informatique.

C’est la grande peur des mediat professionnels.

 Les journalistes expriment leur défiance envers toute information qu’ils ne contrôlent pas, et se lamentent de la fin du monopole de leur expression. Ils dénigrent les informations divulguées sur la toile, mais sont à la remorque des différents sites et blogs qu’ils qualifient de conspirationistes, de propagandistes, ou tout simplement d’amateurisme.

Cependant le démocratisme spectaculaire hésite et tergiverse sur les moyens à mettre en oeuvre pour s'assurer de l'innocuité de ce bien vilain canard. Censure frontale ou suffocation par immersion dans un océan de mensonges ? Il semble que la solution soit momentanément un vulgaire mixte des deux.

La critique des mediat a été faite depuis longtemps, et est toujours en construction, mais son développement a atteint un pic sans précédent, dans les faits, grâce à l’internet. Les différentes tentatives de censure sont pour l'instant heureusement vouées à l’échec, et aucun retour en arrière ne sera  accepté par les internautes, les possibilités techniques d'échapper à cette censure étant toujours renouvelées.

Les mediat ont franchi un saut qualificatif, les individus s'offrant eux mêmes avec enthousiasme en pâture aux manipulateurs de tout poil. Les facebook, google, amazon et autres collectionnent les données sur la population, et l'on peut prévoir sans être grand clerc que la convergence entre leurs renseignements et les instituts de sondage (par exemple), les services secrets (par ailleurs) et toutes les polices leur permet et permettra de placer les rigth men at the right places. Les stratégies de propagande de guerre, telles que les fausses images de la Place Verte (http://www.voltairenet.org/article171460.html) visant à convaincre la population que Tripoli est déjà tombée aux mains des « rebelles », et sabrant ainsi toute velléité de résistance, sont et vont être appliquées aux démocraties (en temps de paix ou non). Brouillage des ondes, écrans de fumée, le cocktail des fausses informations est d'autant plus digeste qu'il est coproduit par les « consommacteurs » eux mêmes.

 

Nous assistons en parallèle à la généralisation de la propagande ingérée. En étant le vecteur de la diffusion du spectaculaire intégré, l'internaute abandonne toute distance critique face à l'inversion du réel. Il s'abandonne aux joies de l'auto-contemplation, s'invente une dissidence d'autant plus factice qu'elle restera virtuelle. 

La multiplication des "youtubeurs" sur les sujets les plus dérisoires est le symptôme de notre société malade du médiatisme. Le futile prime sur l'essentiel, le futile est l'essentiel. Le divertissement submerge le vital, seul le divertissement est vital. Même le rire, jusqu'à présent défense subversive face au réel spectaculaire marchand, a été confisqué par les amuseurs professionnels grassement payés pour nous retirer cette arme ultime.

La veulerie des journaleux est sans limite. Ainsi un pays peut-il porter la guerre à l’étranger sans troubler le moins du monde l’ordonnance des grands titres des mediat. Nous n’entendrons parler des bombardements, pudiquement appelés "frappes", et de leurs effets sur les populations que par intermittence, entre un bulletin météo et un compte rendu du dernier match de foot à la con. La barbarie la plus lâche, la lâcheté la plus barbare ne feront l’objet que d’un « flash » ou d’un entrefilet, et seront justifiées par des notions telles que le droit d’ingérence, le droit humanitaire, le secours aux populations en danger etc. Le sang des victimes éclabousse les journaux, éternels soutiens d’un pouvoir sûr de lui et triomphant dans une débauche de mensonges et d’hypocrisie.

Les mediats dénoncent régulièrement ce qu’ils appellent « la pensée unique », alors qu’ils en sont le principal vecteur, et souvent le plus enthousiaste producteur. Cette dénonciation se devra d’être inversement proportionnelle à la servilité du médiat, c'est-à-dire exprimée avec d’autant plus de force que  les liens avec le pouvoir (économique, politique, culturel…) sont étroits et cachés.

Cette servilité se manifeste par un unanimisme sidérant, par la production de sondages truqués, etc. La fonction des sondages n'est pas de refléter une opinion publique à un moment donné, mais de la formater sur le long terme. Quand les sondages se trompent sur les résultats de telle ou telle élection, c'est qu'ils ont failli à leur tache de fabrication de l'opinion. Ils ne se sont pas trompés, ils se sont plantés.

Alors qu’il est difficile de trouver une profession plus moutonnière, où l’auto-analyse est inexistante,  l’autocritique bannie, les mediat se roulent dans la fange de la propagande dans la plus outrageuse autosatisfaction. Dans les derniers conflits en cours, certains médiats ne se sont pas contentés de refléter la position des démocraties triomphantes, mais ont collaboré effectivement avec les services secrets des puissances agressantes (https://www.youtube.com/watch?v=7cwQ0fObxng),  par l’indication des positions de l’ennemi, ou pire par la pose de balises dirigeant les missiles sur  les cibles choisies  (Libye, Syrie, http://www.voltairenet.org/article171817.html Le rôle des mediat dans le démocratisme est essentiel. Sa mission est de susciter l’adhésion des foules pour les actes les plus odieux, les politiques les plus criminelles, avec une présentation schizophrénique de l’histoire, récente et ancienne.  ( http://mai68.org/spip/spip.php?article8359 )Dans ce but, ses armes sont simples :

Le mensonge répété par tous et à l’infini

Le mensonge par omission, occultation des faits les plus significatifs

La mise en exergue d’événements les plus futiles, n’ayant aucune relation avec les politiques mises en œuvre.

L'organisation de l'oubli par une avalanche d'informations mineures.

La décontextualisation des faits.

Si la supercherie est dévoilée, il suffira aux journaleux d’accuser les politiques de les avoir dupé par des mensonges pour récupérer leur honneur perdu, ce qui est d’autant plus facile que les politiciens en question ne sont plus aux commandes, rangés des voitures, ou trop vieux et trop séniles pour être jugés.  Est-il nécessaire de rappeler que le B.A.BA  du journalisme est la vérification des sources, et leur confrontation  avec la réalité des faits… Le processus se répétant systématiquement, force est de convenir qu’il ne s’agit pas d’erreurs, mais d’un système organisé, voulu, et méthodiquement appliqué .

Une des fonctions principales des mediat est de nous convaincre de notre impuissance. Le tourbillon des informations futiles, agglutinées aux catastrophes naturelles, elles mêmes se superposant aux politiques guerrières et conflits armés laissent le lecteur-auditeur-téléspectateur dans un état de sidération. Tout sortir de son contexte, affirmer le manichéisme le plus bêtifiant, inventer de toutes pièces des versions mensongères des faits sont le pain quotidien des mediat.

L'apparition des chaines "d'infos continues" est la dernière machine d'abrutissement du pouvoir. N'ayant rien à dire, elles le répètent à l'infini, pulvérisant les efforts de propagande des pires dictatures. L'effet recherché étant la sidération, l'instantanéité répétée du vide paralyse l'esprit, le prépare à ingurgiter la dernière pub, le prochain mediat-mensonge.

Les publicistes sont les derniers propagandistes du démocratisme. Les journalistes apprennent d'eux, copient leur méthodes de vente. Ils ont besoin d'eux, leurs fonctions dans le monde spectaculaire marchand se distingue à peine au point de les confondre. Leur propagande s'affiche partout, tout le temps. Elle n'est jamais remise en cause, elle est le sang du grand corps marchand. Que ce soit pour vendre des savonnettes ou une "nouvelle politique", elle est indispensable pour faire tourner la boutique. 

L’endormissement de l’opinion publique, suivi du déminage des informations par un processus de lente divulgation savamment gradué dans le seul but de « vacciner » la population, permettent par la suite à la vérité des faits, impossible à cacher plus longtemps, d’éclater sans dommage pour l’oligarchie au pouvoir. Cette vérité exposée aux yeux de tous, permettra aux médiats de s’extasier sur la qualité de leur travail, sur la bonne marche de la démocratie, qui ressortira une fois de plus victorieuse de ce fatras de semi vérités triomphalement étalée.

Un bon exemple sont  les attentats du 11/9 :

- une première version est servie aux médiats comme une évidence, qui l’acceptent et la soutiennent sans broncher.

-cette version est remise en cause par quelques esprits lucides.

-les médiats hurlent à l’imposture, au révisionnisme, au délire complotiste.

-l'omerta se met en place d'elle même, sans aucune directive ni censure officielle, chaque journaliste ayant bien compris que s'il voulait garder sa place, il n'était pas question de sortir des ornières.

-si un détail gênant émergeait, affirmer qu’il est connu depuis longtemps, qu’il n’entame en rien la cohésion de l’ensemble.

-devant les contradictions manifestes de la version officielle, on lâche sur quelques détails, tout en occultant l’essentiel et en injuriant les quelques malheureux anticonformistes.

-par la suite, il suffit de laisser quelques informations se répandre, en les traitant par un silence indifférent et méprisant. La pression de la cocotte minute baisse, la valeur subversive de l’information est réduite à néant, il est déjà trop tard et le terrain est déminé, le flot des nouveaux mediat-mensonges ayant depuis longtemps pris le pas sur les demi-vérités avariées qui fuitent inévitablement.

-affirmer qu’il est impossible de démêler le vrai du faux, organiser le sentiment d’impuissance et se réjouir de la dernière victoire du PSG.

Le mediatisme se nourrit de sa  propre chair. Le renvoi d'ascenseur, l'autopromotion, l'esprit de cour, le fayotage en tout genre sont la règle. La connivence mainte fois dénoncée avec le pouvoir économique et politique ne perturbe en rien la logique de l'information biaisée. Le journaliste dépend de son rédac-chef, qui ne doit pas déplaire à son patron de presse qui doit satisfaire ses actionnaires. Prière de bien mixer avec quelques intérêts publicitaires bien placés, quelques lobbies ayant droit de vie et de mort sur la presse, et voilà  nos faiseurs d'opinion armés pour nous servir notre soupe quotidienne. La chaîne des intérêts est bien en place, verrouillée à double tour, (http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/ppa#&gid=1&pid=1), nul besoin de comploteur en chef, d'organisateur suprême pour le bon fonctionnement de la machine. On veillera seulement à couper une tête de temps en temps de manière à ce que chacun comprenne bien où est sa place.

 

Les mediat fanfaronnent, jouent à dénoncer le capitalisme, se piquent de subversion et se félicitent de leur intrépide témérité. Mais la dénonciation n’atteint jamais le coeur du coeur, n’explique le monde que par de méchants exploiteurs qui abusent de gentils ouvriers. Ils ne peuvent comprendre le monde marchand que sous l’angle de la moralité, sans jamais saisir les mécanismes profonds qui sous-tendent la logique impérieuse du profit et de l'extension à l'infini du domaine marchand.
Le feraient-ils que leur discours serait taché d’insignifiance, d’impuissance. Seul le mouvement autonome de l’abolition du spectacle marchand nous réconciliera avec notre humanité, balayant l’Histoire pour nous confronter au réel. Ce qui signifie que tout discours, en dernière analyse, se révèle comme futile, inopérant, tant qu’il n’est pas rejoint par la réalité en marche, dans la mesure où cette réalité en marche abolira la pertinence des analyses et les dénoncera en tant qu’activité séparée, et donc séparante, de notre toute nouvelle unité humaine.

 

A suivre.    

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

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Présentation

PETIT MANUEL...

Petit manuel de déstabilisation d’un régime hostile

 

1°) Être une puissance impériale

2°) Financer tout mouvement d’opposition, aussi minuscule soit-il, revendiquant une démocratie à l’occidentale.

3°) Repérer les futurs possibles leaders et organiser des stages de formation à l’agitation à leur intention

4°) Donner un retentissement international à toute manifestation de l’opposition grâce aux médiats aux ordres.

5°) Mettre en exergue la répression brutale que ne manquera pas de commettre le régime en place.

6°) Placer quelques snipers sur  les parcours des manifestants, et tirer  à la fois sur la foule et les forces de l’ordre en place.

7°) Dénoncer la barbarie de la répression.

8°) Armer clandestinement  des groupuscules étrangers extrémistes animés par une idéologie suicidaire, les appeler rebelles et combattants de la liberté.

9°) Présenter ces groupuscules comme un mouvement populaire.

10°) Organiser  aux frontières du pays des bases d’entrainement à la guérilla qui seront présentées comme  des camps de réfugiés.

11°) Organiser le blocus de toute voix dissidente par une censure de fait.

12°) Organiser des coordinations  d’opposants  dans une capitale étrangère, et n’accepter que les informations  provenant de cette source.

13°) Bombarder,  si le contexte international  le permet,  l’armée régulière, tout en affirmant qu’il s’agit de protéger la population de la répression  du  dictateur  qui menaçait de massacrer son peuple.

 

Logiquement, le pouvoir en place tombe à plus ou moins court terme, le chaos s’installe pour de longues années,  vous avez  atteint votre objectif : vous n’avez plus de pouvoir fort  face à vous, vous pouvez  piller  sans vergogne les richesses du pays, il vous suffira d’entretenir les conflits internes (ethniques, religieux…) en organisant un attentat suicide de temps en temps. Toute couverture médiatique est maintenant superflue.

Toute ressemblance avec une quelconque situation actuelle est évidemment fortuite.

La première victime d’une guerre, c’est la vérité.

 

 

Recherche

CHOMSKY ET LE 11 SEPTEMBRE

Chomsky et le 11 septembre 2001

Petite critique d’un passage de son livre :

« L’ivresse de la force »

 

 

(Cet échange d’arguments a eu lieu en septembre 2008 en réponse à un journaliste aux yeux fermés  et aux oreilles bouchées ; les critiques sont en italique, les citations de Chomsky en caractère gras. Chomsky démarre sur les théories du complot du 11/9 et leurs « adeptes »)


 

D’abord, je ne fais pas grand cas de ces théories, mais je suis assailli de lettres à leur sujet. Ce n’est pas seulement une énorme industrie, c’est une industrie assez fanatique. (…) C’est presque une sorte de fanatisme religieux.

 

Ici je ne vois pas ce qui permet à Chomsky de dire qu'il s'agit d'une industrie, ce qui sous- entend non seulement une organisation, mais aussi une rentabilité de l'entreprise. Difficile d'avancer de tels arguments sans exposer de preuves.  Pour ma part, je ne vois que des individus qui rament pour trouver un espace d'expression un peu plus élargi qu'internet. Quant au fanatisme religieux, je vous ferai  remarquer que les religieux apportent généralement  des réponses, des vérités révélées, alors que le mouvement pour la vérité  sur le 11/9 pose  surtout  des questions.  


Il faut quand  même se poser des questions. D’abord sur les preuves matérielles. Il y a des coïncidences inexpliquées, des témoignages personnels, etc., mais cela ne pèse pas lourd. On en trouve dans n’importe quel événement mondial complexe. Au sujet des preuves  matérielles, peut-on vraiment  devenir un expert  très qualifié en génie civil et mécanique en passant une heure ou deux sur Internet ?


Bien sur que non, mais personne ne le prétend.

 

Si oui, il faut dissoudre  les sections génie civil et mécanique du Massachusetts Institute of Technology. (…) Si vous croyez réellement à l’une ou  l’autre de ces preuves, c’est simple : adressez-vous à des spécialistes capables de les évaluer. Peut-être avez-vous trouvé un physicien quelque part, mais, à ma connaissance, personne n’a voulu proposer quoi que ce soit à une revue professionnelle sérieuse, soumise à la discipline de l’"examen  par les pairs".

 

Pour des avis d'experts, vous en trouverez une ribambelle (architectes, pilotes de lignes, militaires, etc.) sur reopen9/11 à cette adresse là:
http://www.reopen911.info/temoignages.html



Même sans aller jusque-là, on peut consulter les départements universitaires de génie civil et mécanique. Peut-être les membres du "mouvement pour la vérité sur le 11 septembre" pensent-ils qu’ils sont tous dans le coup ? Si le complot est vaste à ce point, on peut aussi bien l’oublier. Les adeptes du mouvement disent qu’ils ont peur. Il n’y a pas de quoi avoir peur. C’est une des positions les plus sûres pour un opposant, tous ceux qui ont un peu d’expérience en la matière vous le diront. En fait, les autorités se montrent assez tolérantes à cet égard.



Aux USA, je ne sais pas, mais en France, certainement pas. Quand ils ne sont pas tout simplement  ignorés, les "adeptes de la théorie du complot", comme vous dites, reçoivent des bordées d'injures et se font traiter d'antisémite ou de révisionniste, ce qui est très à la mode. L'antisémitisme, en France, n'est pas une opinion mais un délit, quant aux révisionnistes, ils n'ont plus droit à la parole  depuis la loi Fabius-Gayssot. Si vous voulez faire taire quelqu'un, il est bon de le traiter  d'antisémite et de révisionniste.

Ce qui nous amène à une seconde question. Pourquoi ce débat autour du 11 septembre est-il si bien toléré ? Je soupçonne le pouvoir de le voir d’un bon oeil. Il capte énormément d’énergies et les détourne des véritables crimes de l’administration, infiniment plus graves. (…) Pensons à l’invasion de l’Irak, ou au Liban. Ou à ce qu’ils font subir à la population  ouvrière des Etats-Unis. (…) Ils commettent des crimes réels, qui suscitent très peu de protestations. Une des raisons - pas la seule, bien entendu -, c’est qu’on dépense énormément d’énergie militante potentielle dans ces polémiques autour du 11 septembre  

Bien sur, on peut considérer le démontage de la propagande officielle comme anecdotique, ou comme un passe-temps sans intérêt. Ce n'est pas mon cas et cela m'étonne de la part de Chomsky. Par ailleurs, considérer que les personnes qui militent  pour une  réouverture  de l'enquête sur le 11/9 ne sont pas sensibles à d'autres sujets tels que la guerre  en Irak ou  au Liban est tout simplement faux !!!  Les deux combats sont intimement liés, le 11/9 ayant servi de prétexte aux guerres.

Du point de vue des gouvernants, c’est excellent. On donne même à ces militants du  temps d’antenne (…), on met leurs livres bien en vue dans les librairies.

Cela a été vrai pour le premier livre de Meyssan, mais c'est bien  fini. Il est aussi arrivé qu'on leur donne la parole dans un débat télévisé, à condition que le débat  soit inégal, que le présentateur coupe la parole au "truther"(c'est l'expression consacrée), et qu'il n'ait en aucun cas le temps d'exprimer une opinion cohérente face à des professionnels des médias qui le réduisent en charpie en un tour de micro. Bref, que l'on  soit  sûr de l'envoyer à l'abattoir. Bourdieu a très bien expliqué cela. 

Très tolérant, comme réaction. (…) Ce n’est pas le genre de réaction qu’on provoque quand on touche aux sujets sensibles.
(…) Et je ne crois pas que leurs preuves soient sérieuses. Ni même que ceux qui les exposent soient capables de les évaluer. Ce sont des questions techniques compliquées. On n’a pas l’air de le comprendre, mais ce n’est pas pour rien que les scientifiques font des expériences, qu’ils ne se contentent pas de filmer ce qu’ils voient par la fenêtre. Car ce qu’on voit par la fenêtre est la résultante de tant de variables qu’on  ne sait pas ce qu’on a dans cet imbroglio si complexe. On peut y trouver toutes sortes de coïncidences inexpliquées, d’apparentes violations des lois de la nature. (…) Donc, découvrir qu’il s’est passé ceci, qu’il est arrivé cela, etc., ça ne veut rien dire.

Tout est compliqué, bien  sûr, mais ce n'est pas une raison pour ne pas s'atteler à la tâche. Les scientifiques eux-mêmes se  posent des questions (
http://www.reopen911.info/dossiers/pdf/ … iciels.pdf ) 
.Par ailleurs, il existe un moyen  très simple pour le gouvernement américain de mettre fin  à la polémique: nous montrer une vidéo d'un avion se crashant sur le Pentagone. Vu le nombre de caméras l'entourant, ce ne devrait pas être trop difficile.. 


L’argument "à qui profite le 11 septembre ?" n’a guère de poids. Dans ma première interview après le 11 septembre, je crois avoir fait cette prédiction  pas particulièrement brillante : tous les pouvoirs du monde allaient  immédiatement exploiter l’événement à leurs propres fins. La Russie allait durcir ses atrocités en Tchétchénie, Israël en Cisjordanie, l’Indonésie à Aceh, et la Chine dans ses provinces occidentales. Aux Etats-Unis on s’en est servi de la façon que l’on sait, mais aussi de beaucoup d’autres, moins médiatisées.
(…) Presque tous les gouvernements ont pris des mesures pour surveiller plus étroitement leur population et ce genre de choses. L’administration Bush  l’a fait aussi. Donc, "à qui profite le crime ?" n’est pas une preuve suffisante de culpabilité.


Ce n'est pas une preuve suffisante, mais c'est un des éléments qui posent question.



L’idée même  n’est pas crédible. Pour qu’il y ait une once de vérité dans les théories sur le 11 septembre, il faudrait qu’il y ait eu un énorme complot, incluant les compagnies aériennes, les médias, la préparation des faux avions. Il aurait fallu mettre au  courant quantité de gens dans l’administration. Ils ne s’en seraient jamais tirés. Même une dictature n’aurait pas pu. C’est une opération vraiment risquée.



Ce qui aurait été très compliqué pour un gouvernement, ou un service émanant de ce gouvernement, ou une partie d'un service émanant de ce gouvernement, serait donc très simple pour quelques terroristes d'Al Qaeda débarqués tout droit de leurs grottes afghanes ? Je vous rappelle que parmi les nombreux mensonges de l'administration Bush, on nous avait promis un repaire de Ben Laden bourré d'électronique hypersophistiquée, et qu'à la finale, il n'y avait rien.



La probabilité d’une fuite est très élevée : ça se serait su tout de suite. Et la moindre fuite aurait aligné tous les dirigeants devant le peloton d’exécution, et sonné  le glas du Parti républicain à jamais. Et pour gagner quoi ? Un prétexte pour faire ce qu’ils auraient fait de toute manière, sous un autre prétexte qu’ils auraient pu trouver".



Le problème de nos prétendues  démocraties occidentales, c'est qu'elles ont besoin d'un minimum d'adhésion des populations pour partir en guerre. Et effectivement, le terrorisme sous fausse bannière est un des moyens d'obtenir cette adhésion.

 

" Les théories sur le 11 septembre (…) exercent le même attrait que le fondamentalisme religieux. (…) Il y a des gens qui n’aiment pas ce qui se passe, qui ont vécu des moments très difficiles, n’ont confiance en personne, et qui n’ont aucun moyen de réagir. Alors ils se raccrochent à quelque chose. Et Internet a un effet pervers. Si c’est un outil merveilleusement efficace pour obtenir des informations, pour l’action politique, pour toutes sortes de choses, il a cependant un gros inconvénient : n’importe qui peut lancer une théorie sur un blog ; cela n’a pratiquement aucun poids, mais ensuite cinq personnes la lisent, et très vite elle entre en croissance exponentielle, jusqu’à devenir une énorme industrie qui s’auto-alimente. Des industries de ce type, il y en a à foison.



De l'avantage et des inconvénients de ce merveilleux outil qu'est  internet.



(…) Je reçois une avalanche d’e-mails. Et une grande part, plusieurs par jour, envoyés par des gens honnêtes et sincères, me demandent : "Dites-moi ce que je peux faire". Les auteurs de ces courriers appartiennent pour la plupart aux milieux aisés, privilégiés. Ils ne sont pas richissimes, mais assez aisés pour s’asseoir à une table un soir et écrire une lettre à quelqu’un. Dans les pays du tiers-monde les habitants ne vous demandent pas : "Dites-moi ce que je peux faire", ils vous disent ce qu’ils font. Mais, là où les populations sont infiniment plus libres, les gens posent toujours cette question : "Que puis-je faire ?" Et un jour ils se disent : Ah, voilà ce que je peux faire : devenir en une heure ingénieur qualifié en génie civil et prouver que c’est Bush qui a fait sauter les tours jumelles.



Certes, le sentiment d'impuissance est organisé, mais que les gens honnêtes réagissent et sortent de cet état léthargique qui convient si bien au pouvoir, c'est tant mieux. Si la manière dont ils le font ne convient pas à Chomsky, c'est désolant, mais cela ne change rien au fond du problème qui n'est pas, y a-t-il eu complot, car il y a forcément eu complot, mais quels en sont les organisateurs ?



Je suis sûr qu’à Washington ils applaudissent des deux mains. (…)"



Ca, c'est moins sûr. Mais je ne doute  pas de la capacité du pouvoir à digérer le mouvement pour la vérité sur le 11/9. C'est la particularité du capitalisme de produire des forces qui travaillent à sa destruction, et de les récupérer pour mieux se renforcer.  Je pense que la plupart des actes dits terroristes sont téléguidés par les Etats qui y puisent de grands profits. Evidemment, il y a des chances que ces terroristes s'autonomisent et échappent au contrôle des Etats, mais à la finale, les services spécialisés arrivent à retourner la situation à leur avantage. L'histoire ancienne et récente nous en fournit de multiples exemples. Il se peut aussi que les services spécialisés s'autonomisent et échappent au contrôle du pouvoir politique, et c'est sans doute ce qui s'est passé le 11/9. Ah, nous vivons un monde compliqué. Voilà résumé en quelques lignes ma lecture des événements, on pourrait écrire des bouquins dessus, d'ailleurs c'est déjà fait, il n'y a qu'à tendre la main pour les trouver. Je crois que Chomsky a mal analysé  la situation  au départ  et  qu’il  se débat  dans une position  qui  n’est pas tenable, prendre  ses distances avec la version  officielle  tout en rejetant les arguments qui la critiquent.. 

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