Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 23:02

Novembre 2016

Travaillisme

 

«Cette guerre a ceci de particulier que les batailles y sont moins gagnées par le recrutement que par le congédiement de l’armée ouvrière. Les généraux, les capitalistes, rivalisent entre eux à qui pourra licencier le plus de soldats de l’industrie»

Karl Marx

 

Travail et marchandise sont inséparables. Pas de travail sans marchandise, pas de marchandise sans travail. Le travail est une marchandise, le travailleur son outil. Le travail déshumanise le travailleur.

L’argent est le troisième larron du triumvirat de l’aliénation humaine, se concrétisant par le salaire.

 

Le démocratisme magnifie le travail, activité séparée par excellence. Pour survivre dans le monde marchand, point d’alternative, seul  le travail permet un semblant de «niveau de vie». En cela, il apparaît comme libérateur (arbeit macht frei), rendant à l’homme sa dignité, alors qu’il est le réel joug sous lequel la pliure ne sera jamais assez courbée. Le travail est plus ou moins rétribué, mais il assure à tous la servilité, et chacun intégrera sa nécessité. Il est le principal agent de soumission, universellement partagé, désiré. L’homme moderne est entièrement tourné vers le travail. Depuis sa naissance, durant son éducation et jusqu’à sa mort, tout son être est gouverné par la valeur travail. Le sens de sa vie se définit par son travail, sans lequel il est déboussolé, déprimé, acculé au suicide. Le travail est vécu comme réalisation personnelle du travailleur, alors qu’il est sa condamnation à la non vie. Le démocratisme est génétiquement lié au travail, leurs destins sont indissolublement unis. Le démocratisme a été et est toujours le système politique optimal au développement du travail et de la marchandise.

 

Quelque soit l’utilité, ou l’inutilité, ou la nocivité sociale de la marchandise produite, et donc l’utilité, ou l’inutilité, ou la nocivité sociale du travail, le travailleur  s’accomplit, se définit par et dans son travail.

Le travail s'effectue généralement au sein d'une entreprise, lieu de tous les abus, où la dictature s'épanouit  sans fioritures, le tyran étant lui même soumis à la logique du capital. Sur les lieux de travail, le démocratisme ne s'embarrasse d'aucun subterfuge, et affirme son pouvoir aux yeux de tous, déployant toutes ses capacités d'asservissement et de destruction de l'humain. 

Le démocratisme, toujours en quête de modernité, ne veut plus de salariés, considérés comme problématiques et coûteux. Chacun se doit d’envisager sa vie comme une auto-entreprise, dont la gestion plus ou moins réussie escamote ce qui semble de plus en plus un lointain mirage : la lutte des classes. L’ouvrier, l’employé, en un mot le salarié se doit d’intégrer la nécessité du travail, et d’envisager sa vie comme un combat dont lui seul supportera l’inexorable échec. Il est impératif pour le démocratisme de détruire les concentrations de travailleurs (usines) chaque fois que cela est possible. D'où l’explosion de l’activité dans un maximum de structures indépendantes (externalisation) que l’on pourra pressurer à loisir et qui présentent l’immense avantage d’éparpiller la classe ouvrière, et donc de la désarmer. Casser toutes les solidarités est une nécessité du démocratisme.

 

Ainsi, l’homme sans travail est un paria, un marginal, un parasite. Celui qui perd son travail un raté. C’est pourquoi le discours radical «ne travaillez jamais» n’est absolument pas audible par les travailleurs. Les syndicats, en tant que représentants d’un prolétariat soumis au monde marchand, ne peuvent en aucun cas remettre en cause le travail, mais toujours la valeur du travail. L’émancipation des travailleurs suppose la fin du travail, en tant qu’activité salariée. Ainsi, un tel slogan ne sera compris comme une évidence que lorsqu’il se réalisera effectivement, dans l’auto-mouvement émancipateur des travailleurs. Dans cette attente, il ne peut être qu’une «allumette sur la banquise».

 

Dans son continuel mouvement d’autonomisation, la marchandise est largement indifférente au sort du travailleur alors qu’elle est son seul horizon. 

Le capitalisme répond à une dynamique interne et autonome.

Si les contradictions du capitalisme devraient logiquement entraîner son implosion, il n’y a pas de déterminisme quant au chemin pour y arriver. Tous les détours, toutes les reculades sont envisageables. La force du démocratisme est d’être un perpétuel false flag, faux drapeau.  La réussite du démocratisme se mesure au fait que chacun le chérit, prônant sa propre aliénation comme futur enviable.

 

Au stade actuel de la marchandise mondialisée, le travailleur ne vaut plus grand chose sur le marché du travail, car  rendu inutile du fait de la modernisation, de l’automatisation des moyens de production et de la mise en concurrence internationale de tous les travailleurs. Moins le travail sera disponible sur le marché, plus il sera dévalorisé (moins rémunéré), plus le démocratisme le prônera comme valeur ultime, reléguant définitivement le candidat au travail dans l’enfer du chômage.

Le chômage, en tant que corollaire nécessaire du travail salarié,  achève de détruire ce qui restait d’humain chez le travailleur.

L’armée de réserve dont parlait Karl Marx se trouve boursouflée au point que les élites se voient dans l’obligation de maintenir une tension perpétuelle (stratégie de la terreur), qui risque fort de tourner vinaigre. La question est : dans quel sens ?

Le monde du travail salarié a séparé l’homme de son faire,  jusqu’à priver de tout sens l’activité en question. Le monde marchand le réconcilie avec lui même, dans la mesure où il ne fait plus qu’un avec la marchandise. Mais cette unicité est factice et mortifère, Le travailleur, ultime marchandise, sera traité comme tel, et finira aspergé d'eau de javel à la sortie des supermarchés, impropre à la consommation. L’homme est condamné à extirper de son intimité la marchandise, ou à disparaître sous les déchets puants de cet univers de pacotille.

 

Le capitalisme en marche produit de la marchandise, donc du profit (plus value), et dans le même temps, l’idéologie qui le sous-tend (le spectacle). Cette idéologie est elle même une marchandise, générant du profit. Marchandise, profit et spectacle ne font qu’un, et répondent à une logique qui leur est propre, dépossédant l’homme de son humanité. Le démocratisme spectaculaire fut d’abord diffus (occident) ou concentré (URSS, Chine), pour finalement être intégré (Guy Debord). Le démocratisme s’exhibe comme unique alternative (there is no alternative, Margaret Tatcher), comme fin de l’histoire. Ce qui est vérifié dans la mesure où il n’y a pas de futur démocratique autre que son implosion. Ce qui nous est présenté comme devenir n’est qu’aménagement de la non vie. Le monde à venir ne pourra se construire que sur les ruines du capitalisme s’effondrant sur lui même, sous les coups de la dernière chiquenaude de l’histoire retrouvée.

 

Il va sans dire que les écrits ici exposés, en tant que modeste contribution à l’expression d’une perception de la réalité du moment, peuvent être copiés, cités, déformés, utilisés. Ils sont mis à la disposition de ceux qui y trouvent un intérêt, ni plus ni moins. En cela, ils n'ont aucune valeur marchande et n'appartiennent qu'à ceux qui en prennent possession. Ils ne se conçoivent que dans l'anonymat, non parce que l'auteur ne les assume pas, mais parce ce travail ne peut être compris que comme une évidence.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by democratisme
commenter cet article

commentaires

Présentation

PETIT MANUEL...

Petit manuel de déstabilisation d’un régime hostile

 

1°) Être une puissance impériale

2°) Financer tout mouvement d’opposition, aussi minuscule soit-il, revendiquant une démocratie à l’occidentale.

3°) Repérer les futurs possibles leaders et organiser des stages de formation à l’agitation à leur intention

4°) Donner un retentissement international à toute manifestation de l’opposition grâce aux médiats aux ordres.

5°) Mettre en exergue la répression brutale que ne manquera pas de commettre le régime en place.

6°) Placer quelques snipers sur  les parcours des manifestants, et tirer  à la fois sur la foule et les forces de l’ordre en place.

7°) Dénoncer la barbarie de la répression.

8°) Armer clandestinement  des groupuscules étrangers extrémistes animés par une idéologie suicidaire, les appeler rebelles et combattants de la liberté.

9°) Présenter ces groupuscules comme un mouvement populaire.

10°) Organiser  aux frontières du pays des bases d’entrainement à la guérilla qui seront présentées comme  des camps de réfugiés.

11°) Organiser le blocus de toute voix dissidente par une censure de fait.

12°) Organiser des coordinations  d’opposants  dans une capitale étrangère, et n’accepter que les informations  provenant de cette source.

13°) Bombarder,  si le contexte international  le permet,  l’armée régulière, tout en affirmant qu’il s’agit de protéger la population de la répression  du  dictateur  qui menaçait de massacrer son peuple.

 

Logiquement, le pouvoir en place tombe à plus ou moins court terme, le chaos s’installe pour de longues années,  vous avez  atteint votre objectif : vous n’avez plus de pouvoir fort  face à vous, vous pouvez  piller  sans vergogne les richesses du pays, il vous suffira d’entretenir les conflits internes (ethniques, religieux…) en organisant un attentat suicide de temps en temps. Toute couverture médiatique est maintenant superflue.

Toute ressemblance avec une quelconque situation actuelle est évidemment fortuite.

La première victime d’une guerre, c’est la vérité.

 

 

Recherche

CHOMSKY ET LE 11 SEPTEMBRE

Chomsky et le 11 septembre 2001

Petite critique d’un passage de son livre :

« L’ivresse de la force »

 

 

(Cet échange d’arguments a eu lieu en septembre 2008 en réponse à un journaliste aux yeux fermés  et aux oreilles bouchées ; les critiques sont en italique, les citations de Chomsky en caractère gras. Chomsky démarre sur les théories du complot du 11/9 et leurs « adeptes »)


 

D’abord, je ne fais pas grand cas de ces théories, mais je suis assailli de lettres à leur sujet. Ce n’est pas seulement une énorme industrie, c’est une industrie assez fanatique. (…) C’est presque une sorte de fanatisme religieux.

 

Ici je ne vois pas ce qui permet à Chomsky de dire qu'il s'agit d'une industrie, ce qui sous- entend non seulement une organisation, mais aussi une rentabilité de l'entreprise. Difficile d'avancer de tels arguments sans exposer de preuves.  Pour ma part, je ne vois que des individus qui rament pour trouver un espace d'expression un peu plus élargi qu'internet. Quant au fanatisme religieux, je vous ferai  remarquer que les religieux apportent généralement  des réponses, des vérités révélées, alors que le mouvement pour la vérité  sur le 11/9 pose  surtout  des questions.  


Il faut quand  même se poser des questions. D’abord sur les preuves matérielles. Il y a des coïncidences inexpliquées, des témoignages personnels, etc., mais cela ne pèse pas lourd. On en trouve dans n’importe quel événement mondial complexe. Au sujet des preuves  matérielles, peut-on vraiment  devenir un expert  très qualifié en génie civil et mécanique en passant une heure ou deux sur Internet ?


Bien sur que non, mais personne ne le prétend.

 

Si oui, il faut dissoudre  les sections génie civil et mécanique du Massachusetts Institute of Technology. (…) Si vous croyez réellement à l’une ou  l’autre de ces preuves, c’est simple : adressez-vous à des spécialistes capables de les évaluer. Peut-être avez-vous trouvé un physicien quelque part, mais, à ma connaissance, personne n’a voulu proposer quoi que ce soit à une revue professionnelle sérieuse, soumise à la discipline de l’"examen  par les pairs".

 

Pour des avis d'experts, vous en trouverez une ribambelle (architectes, pilotes de lignes, militaires, etc.) sur reopen9/11 à cette adresse là:
http://www.reopen911.info/temoignages.html



Même sans aller jusque-là, on peut consulter les départements universitaires de génie civil et mécanique. Peut-être les membres du "mouvement pour la vérité sur le 11 septembre" pensent-ils qu’ils sont tous dans le coup ? Si le complot est vaste à ce point, on peut aussi bien l’oublier. Les adeptes du mouvement disent qu’ils ont peur. Il n’y a pas de quoi avoir peur. C’est une des positions les plus sûres pour un opposant, tous ceux qui ont un peu d’expérience en la matière vous le diront. En fait, les autorités se montrent assez tolérantes à cet égard.



Aux USA, je ne sais pas, mais en France, certainement pas. Quand ils ne sont pas tout simplement  ignorés, les "adeptes de la théorie du complot", comme vous dites, reçoivent des bordées d'injures et se font traiter d'antisémite ou de révisionniste, ce qui est très à la mode. L'antisémitisme, en France, n'est pas une opinion mais un délit, quant aux révisionnistes, ils n'ont plus droit à la parole  depuis la loi Fabius-Gayssot. Si vous voulez faire taire quelqu'un, il est bon de le traiter  d'antisémite et de révisionniste.

Ce qui nous amène à une seconde question. Pourquoi ce débat autour du 11 septembre est-il si bien toléré ? Je soupçonne le pouvoir de le voir d’un bon oeil. Il capte énormément d’énergies et les détourne des véritables crimes de l’administration, infiniment plus graves. (…) Pensons à l’invasion de l’Irak, ou au Liban. Ou à ce qu’ils font subir à la population  ouvrière des Etats-Unis. (…) Ils commettent des crimes réels, qui suscitent très peu de protestations. Une des raisons - pas la seule, bien entendu -, c’est qu’on dépense énormément d’énergie militante potentielle dans ces polémiques autour du 11 septembre  

Bien sur, on peut considérer le démontage de la propagande officielle comme anecdotique, ou comme un passe-temps sans intérêt. Ce n'est pas mon cas et cela m'étonne de la part de Chomsky. Par ailleurs, considérer que les personnes qui militent  pour une  réouverture  de l'enquête sur le 11/9 ne sont pas sensibles à d'autres sujets tels que la guerre  en Irak ou  au Liban est tout simplement faux !!!  Les deux combats sont intimement liés, le 11/9 ayant servi de prétexte aux guerres.

Du point de vue des gouvernants, c’est excellent. On donne même à ces militants du  temps d’antenne (…), on met leurs livres bien en vue dans les librairies.

Cela a été vrai pour le premier livre de Meyssan, mais c'est bien  fini. Il est aussi arrivé qu'on leur donne la parole dans un débat télévisé, à condition que le débat  soit inégal, que le présentateur coupe la parole au "truther"(c'est l'expression consacrée), et qu'il n'ait en aucun cas le temps d'exprimer une opinion cohérente face à des professionnels des médias qui le réduisent en charpie en un tour de micro. Bref, que l'on  soit  sûr de l'envoyer à l'abattoir. Bourdieu a très bien expliqué cela. 

Très tolérant, comme réaction. (…) Ce n’est pas le genre de réaction qu’on provoque quand on touche aux sujets sensibles.
(…) Et je ne crois pas que leurs preuves soient sérieuses. Ni même que ceux qui les exposent soient capables de les évaluer. Ce sont des questions techniques compliquées. On n’a pas l’air de le comprendre, mais ce n’est pas pour rien que les scientifiques font des expériences, qu’ils ne se contentent pas de filmer ce qu’ils voient par la fenêtre. Car ce qu’on voit par la fenêtre est la résultante de tant de variables qu’on  ne sait pas ce qu’on a dans cet imbroglio si complexe. On peut y trouver toutes sortes de coïncidences inexpliquées, d’apparentes violations des lois de la nature. (…) Donc, découvrir qu’il s’est passé ceci, qu’il est arrivé cela, etc., ça ne veut rien dire.

Tout est compliqué, bien  sûr, mais ce n'est pas une raison pour ne pas s'atteler à la tâche. Les scientifiques eux-mêmes se  posent des questions (
http://www.reopen911.info/dossiers/pdf/ … iciels.pdf ) 
.Par ailleurs, il existe un moyen  très simple pour le gouvernement américain de mettre fin  à la polémique: nous montrer une vidéo d'un avion se crashant sur le Pentagone. Vu le nombre de caméras l'entourant, ce ne devrait pas être trop difficile.. 


L’argument "à qui profite le 11 septembre ?" n’a guère de poids. Dans ma première interview après le 11 septembre, je crois avoir fait cette prédiction  pas particulièrement brillante : tous les pouvoirs du monde allaient  immédiatement exploiter l’événement à leurs propres fins. La Russie allait durcir ses atrocités en Tchétchénie, Israël en Cisjordanie, l’Indonésie à Aceh, et la Chine dans ses provinces occidentales. Aux Etats-Unis on s’en est servi de la façon que l’on sait, mais aussi de beaucoup d’autres, moins médiatisées.
(…) Presque tous les gouvernements ont pris des mesures pour surveiller plus étroitement leur population et ce genre de choses. L’administration Bush  l’a fait aussi. Donc, "à qui profite le crime ?" n’est pas une preuve suffisante de culpabilité.


Ce n'est pas une preuve suffisante, mais c'est un des éléments qui posent question.



L’idée même  n’est pas crédible. Pour qu’il y ait une once de vérité dans les théories sur le 11 septembre, il faudrait qu’il y ait eu un énorme complot, incluant les compagnies aériennes, les médias, la préparation des faux avions. Il aurait fallu mettre au  courant quantité de gens dans l’administration. Ils ne s’en seraient jamais tirés. Même une dictature n’aurait pas pu. C’est une opération vraiment risquée.



Ce qui aurait été très compliqué pour un gouvernement, ou un service émanant de ce gouvernement, ou une partie d'un service émanant de ce gouvernement, serait donc très simple pour quelques terroristes d'Al Qaeda débarqués tout droit de leurs grottes afghanes ? Je vous rappelle que parmi les nombreux mensonges de l'administration Bush, on nous avait promis un repaire de Ben Laden bourré d'électronique hypersophistiquée, et qu'à la finale, il n'y avait rien.



La probabilité d’une fuite est très élevée : ça se serait su tout de suite. Et la moindre fuite aurait aligné tous les dirigeants devant le peloton d’exécution, et sonné  le glas du Parti républicain à jamais. Et pour gagner quoi ? Un prétexte pour faire ce qu’ils auraient fait de toute manière, sous un autre prétexte qu’ils auraient pu trouver".



Le problème de nos prétendues  démocraties occidentales, c'est qu'elles ont besoin d'un minimum d'adhésion des populations pour partir en guerre. Et effectivement, le terrorisme sous fausse bannière est un des moyens d'obtenir cette adhésion.

 

" Les théories sur le 11 septembre (…) exercent le même attrait que le fondamentalisme religieux. (…) Il y a des gens qui n’aiment pas ce qui se passe, qui ont vécu des moments très difficiles, n’ont confiance en personne, et qui n’ont aucun moyen de réagir. Alors ils se raccrochent à quelque chose. Et Internet a un effet pervers. Si c’est un outil merveilleusement efficace pour obtenir des informations, pour l’action politique, pour toutes sortes de choses, il a cependant un gros inconvénient : n’importe qui peut lancer une théorie sur un blog ; cela n’a pratiquement aucun poids, mais ensuite cinq personnes la lisent, et très vite elle entre en croissance exponentielle, jusqu’à devenir une énorme industrie qui s’auto-alimente. Des industries de ce type, il y en a à foison.



De l'avantage et des inconvénients de ce merveilleux outil qu'est  internet.



(…) Je reçois une avalanche d’e-mails. Et une grande part, plusieurs par jour, envoyés par des gens honnêtes et sincères, me demandent : "Dites-moi ce que je peux faire". Les auteurs de ces courriers appartiennent pour la plupart aux milieux aisés, privilégiés. Ils ne sont pas richissimes, mais assez aisés pour s’asseoir à une table un soir et écrire une lettre à quelqu’un. Dans les pays du tiers-monde les habitants ne vous demandent pas : "Dites-moi ce que je peux faire", ils vous disent ce qu’ils font. Mais, là où les populations sont infiniment plus libres, les gens posent toujours cette question : "Que puis-je faire ?" Et un jour ils se disent : Ah, voilà ce que je peux faire : devenir en une heure ingénieur qualifié en génie civil et prouver que c’est Bush qui a fait sauter les tours jumelles.



Certes, le sentiment d'impuissance est organisé, mais que les gens honnêtes réagissent et sortent de cet état léthargique qui convient si bien au pouvoir, c'est tant mieux. Si la manière dont ils le font ne convient pas à Chomsky, c'est désolant, mais cela ne change rien au fond du problème qui n'est pas, y a-t-il eu complot, car il y a forcément eu complot, mais quels en sont les organisateurs ?



Je suis sûr qu’à Washington ils applaudissent des deux mains. (…)"



Ca, c'est moins sûr. Mais je ne doute  pas de la capacité du pouvoir à digérer le mouvement pour la vérité sur le 11/9. C'est la particularité du capitalisme de produire des forces qui travaillent à sa destruction, et de les récupérer pour mieux se renforcer.  Je pense que la plupart des actes dits terroristes sont téléguidés par les Etats qui y puisent de grands profits. Evidemment, il y a des chances que ces terroristes s'autonomisent et échappent au contrôle des Etats, mais à la finale, les services spécialisés arrivent à retourner la situation à leur avantage. L'histoire ancienne et récente nous en fournit de multiples exemples. Il se peut aussi que les services spécialisés s'autonomisent et échappent au contrôle du pouvoir politique, et c'est sans doute ce qui s'est passé le 11/9. Ah, nous vivons un monde compliqué. Voilà résumé en quelques lignes ma lecture des événements, on pourrait écrire des bouquins dessus, d'ailleurs c'est déjà fait, il n'y a qu'à tendre la main pour les trouver. Je crois que Chomsky a mal analysé  la situation  au départ  et  qu’il  se débat  dans une position  qui  n’est pas tenable, prendre  ses distances avec la version  officielle  tout en rejetant les arguments qui la critiquent.. 

Liens